Gastronomie, Société

Nusr-Et Steakhouse Miami : Pari réussi pour « Salt Bae »

La réservation était fixée au 10 juillet à 20h30 au 999 Brickell avenue, à Miami. Ce quartier de Brickell me disait quelque chose. Connu pour ses célèbres buildings et ses restaurants gastronomiques, ce 16e arrondissement américain abrite le temple de la gastronomie et de la bonne chère.

À peine sortie du taxi, le chauffeur me fit un clin d’œil en me lançant en anglais « say hello from me to Nusret », ce qui signifie littéralement : « vous passerez le bonjour de ma part à Nusret ». Bouche bée, je compris que tout le monde savait où se trouvait son restaurant.

Arrivant devant un immense bâtiment, je me suis sentie toute petite et je pris conscience de l’immensité et du pouvoir du célèbre restaurateur turc, connu dans le monde entier pour ses vidéos sur les réseaux sociaux où il coupe la viande d’une manière spectaculaire tout en la salant avec son geste de la main.

Nusr-Et Steakhouse n’a ouvert que depuis deux mois à Miami, après Istanbul, Londres, Abu Dhabi ou encore New York, et c’est déjà l’effervescence à l’intérieur. S’il est rare d’avoir une table, c’est en raison de la foule qui chaque soir est présente. Complet quel que soit l’heure, on se demande automatiquement si ce restaurant n’est pas un peu surfait et un peu trop people.

Installée à une charmante table dehors, j’aperçois à l’intérieur un immense dessin de Nusret, qui nous plonge directement dans l’ambiance. Avec des musiques turques très épurées, mon serveur personnel se présente à moi en m’expliquant la carte.

Chercher Nusret

Néanmoins, ce qui m’intéresse à ce moment-là ce n’est absolument pas la carte, mais si Nusret est bien là ce soir, chose extrêmement rare. Je demande à l’un des serveurs qui m’affirme que ce dernier est là, mais que les serveurs ont interdiction de l’appeler. Seuls les clients peuvent le faire. Surprise de cette réponse, j’attendis patiemment Nusret quand ce dernier, sorti de nulle part, s’approcha de clients assis en terrasse pour leur faire son fameux « salt bae ». Tremblante, je demandais une photo quand ce dernier me répliqua qu’avec moi il ne prendrait que des selfies. Flattée et après avoir discuté avec lui, je me rassis à ma table pour enfin pouvoir commander, car mon estomac commençait à gargouiller.

Le temple de la gastronomie au pays de la malbouffe

La carte se divise en deux parties. Il y a évidemment les entrées, mais pour les plats il y a le choix entre poisson ou viande. Inutile de vous dire que si l’on vient manger ici c’est de la viande dont il s’agit et qui a fait la réputation du restaurateur.

Lors de la commande, je fus pris d’un dilemme cornélien, hésitant entre le « Nusret spécial » qui est une sorte de Iskender revisité et l’«Ottoman steak » qui est une tendre viande marinée à la moutarde. Mon choix se fit sur le deuxième, accompagné de croquettes de pommes de terre à la truffe, sur les conseils du serveur.

J’ignorais encore qu’un spectacle magique allait se dérouler sous mes yeux. Un serveur donna mon plat à Nusret qui se précipita vers moi en sortant ses couteaux. Il posa la viande non découpée et se mit à faire son show comme on l’a si bien vu le faire dans ses vidéos. D’une précision remarquable, ce dernier enleva les morceaux de gras, détacha la viande de son os tout en la découpant, avant de la saler de la manière que l’on connaît.

Ravi, il me lança un « bon appétit » en français. Je dégustais alors la meilleure viande jamais goûtée. Accompagné d’un thé turc aux arômes subtils de jasmin et de fleurs, ce restaurant n’est absolument pas surfait et la réputation de ce dernier coïncide totalement avec mes papilles. Une délectation, plus, une invitation au délice et au bonheur qui frôle la jouissance. La viande est d’une qualité et d’un goût à faire pâlir les plus grands, n’en déplaise à Beyti.

Quant aux croquettes à la truffe, elles sont d’un moelleux et d’un croquant déconcertant.

Un moment de délectation et de régal : la méthode « salt bae »

Il y a bien longtemps que je n’avais pas mangé quelque chose d’aussi bon dans un restaurant où se côtoient les plus grandes stars américaines. Nusret est à la hauteur de sa renommée avec sa cuisine turque revisitée, mais incroyablement délicieuse.

Vient le moment du dessert où il est difficile de s’arrêter au plat, voulant à tout prix prolonger ce moment exquis. Un seul dessert est proposé à la carte, des Baklavas et l’on se dit qu’elles sont forcément délicieuses.

Même pour la touche finale, le spectacle continue puisqu’un serveur s’approche de moi avec un plat géant de Baklavas. Il en prend une part, l’ouvre en deux, y met à l’intérieur une glace, referme le gâteau, puis le découpe en petit morceau, le tout accompagné de petit bruitage.

Et c’est au moment de la prise en bouche du Baklava qu’un moment unique surgit. D’un goût et d’un raffinement à faire pâlir Güllüoğlu, ces Baklavas à la pistache sont les meilleurs jamais goûtés et sont largement supérieurs à ceux du pâtissier nommé précédemment.

Si parfois un bon repas vaut tous les mots du monde, il existe quelques restaurants qui méritent d’être loués, voire acclamés. Par ailleurs, l’addition reste néanmoins un peu salée puisque si certains prix ne sont pas accessibles à tout le monde, ce restaurant reste quand même cher pour un steak par exemple à 120 dollars, mais pas non plus inabordable. Ainsi, le bonheur n’aurait-il pas de prix ? Pari réussi pour Nusret qui, on l’espère, ouvrira prochainement en Europe pour le plus grand bonheur du public.

Charlotte Lelouch

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