International, Politique

Oral de François Hollande : mention passable

Premier président de la République à participer à une matinale dans son intégralité, François Hollande marche sur des œufs en exposant son désir de reconquérir les Français. Retour sur les temps forts de deux heures d’interview sur France Inter.

topelementReconquérir les Français déçus, tel est le maître mot de François Hollande en ce début d’année. L’interview d’hier sur France Inter montre son désir d’occuper la scène médiatique puisqu’elle intervient seulement six jours après ses vœux depuis l’Elysée le 31 décembre. Comme prévu, aucunes annonces de grande ampleur ou de nouvelles initiatives n’ont été évoquées et c’est plutôt sur un ton pédagogique que le président de la République s’adresse aux Français. On le retrouve défendant sa politique et vantant les réformes déjà engagées telles que la Loi Macron, qu’il a tenté d’expliquer tout au long de l’entretien. Tâche ardue sachant qu’une partie de sa majorité est hostile à ce qu’il décrit comme «un texte de liberté et de progrès ». Sentant la main lui échapper il s’est repris en la définissant de la manière suivante : « la Loi Macron, ce n’est pas la loi du siècle », ceci ne nous aidant pas vraiment à comprendre les tenants et les aboutissants de cette loi qui restent obscurs à nos yeux tant elle regroupe des initiatives disparates, passant du travail le dimanche au réseau de bus français ou encore au tarif des notaires…

On retient cette phrase que le chef de l’Etat a prononcé au début de l’interview : « ne plus réenchanter le rêve français mais réenchanter les français », c’est donc un discours plein d’engagements mais François Hollande est attendu au tournant. En effet si l’on prend l’exemple de l’immigration, on remarque que la politique depuis 2012 demeure inchangée. Alors est-il encore crédible après des actions trop éloignées de ses promesses de candidat ? Dans tous les cas il reconnait ses responsabilités en admettant l’échec de sa politique contre le chômage, criant de par les 600 000 chômeurs supplémentaires depuis le début du quinquennat. « Je ne vais pas dire que le chômage est la faute des étrangers, de la crise. Il y a une responsabilité, celle que j’assume », déclare-t-il. Après ce court mea culpa c’est combatif que François Hollande revient en appelant les français à rester sur le territoire, à œuvrer pour que la courbe de croissance remonte, il rappelle son soutien aux jeunes, aux entreprises embauchant et aux industries innovantes : « Je veux que la France crée durablement des emplois […] Je ferai tout pour que la croissance soit la plus haute possible, pour que nous ayons plus de 1% de croissance », nous assure-t-il.

Interrogé ensuite sur le bilan de ses réformes, le président de la République s’est montré habile contournant parfois les réponses ou évasant ses réponses, en voici un bref résumé. Concernant la fiscalité, il affirme que « si la croissance est un peu supérieure, elle ira au comblement du déficit et non à la baisse des impôts ». Il soutient également le fait que l’aéroport de Notre-Dames-Des-Landes sera bel et bien construit au-travers d’une phrase qui mérite de rester dans les annales : « Ce projet est contesté, il y a des recours. Tant que les recours ne sont pas épuisés, le projet ne peut pas être lancé. Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé ». C’est finalement sur le plan international que François Hollande s’est montré sûr de lui et direct, non la France ne s’alliera pas avec la Syrie pour combattre le terrorisme et n’interviendra pas en Lybie, oui il espère de rapides progrès concernant la question ukrainienne et oui il souhaite relancer la croissance de l’Europe, sujet dont il traitera avec la présidente allemande Angela Merkel qu’il rencontrera dimanche.

Suite aux deux heures d’interview, comment nous sentons-nous ? Si l’entretien a des allures de réchauffé après les vœux de la semaine passée, il n’en demeure pas moins que François Hollande affirme une combativité toujours présente bien qu’enchainée à de lourds boulets. En bref rassurant mais pas trop.

Amélie Herbreteau

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