International, Politique

Ottawa s’engage à favoriser l’accueil des Yézidis

Mardi 25 octobre, le gouvernement libéral de Justin Trudeau s’est engagé à faciliter l’accueil sur le territoire canadien des Yézidis qui fuient la violence et les persécutions en Irak.2016-10-26-22-32-49Alors que les combats ont redoublé en Irak depuis le 17 octobre dernier avec le début de la reprise de Mossoul, le gouvernement fédéral canadien a décidé de répondre aux demandes de l’opposition conservatrice : favoriser l’arrivée et l’installation au Canada des réfugiés yézidis qui fuient les persécutions de Daech.

Les Yézidis victimes d’un génocide

Cette communauté kurdophone, répartie sur le territoire syrien et irakien, ne cesse d’être la cible des attaques du groupe djihadiste. En 2014, 35.000 Yézidis avaient fui devant Daech et s’étaient retrouvés isolés aux alentours du mont Sinjar, sans accès aux fournitures alimentaires et sanitaires de base. Rattrapés par le groupe djihadiste, des milliers d’hommes ont été massacrés, tandis que les femmes ont été enlevées pour être torturées et réduites en esclavage.

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Une situation qui est telle qu’en juin dernier, la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie a qualifié la situation de génocide. Une position à laquelle adhèrent Ottawa, Bruxelles et Washington.

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Le crime de génocide entraine la responsabilité pénale individuelle internationale des plus hauts responsables de ces exactions. Ainsi, en mars 2015, des enquêteurs de l’ONU ont demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur ces exactions.

Le Canada se mobilise

Mardi 25 octobre, le gouvernement a adopté à l’unanimité une motion, déposée par le Parti conservateur la semaine dernière, qui engage le gouvernement libéral à offrir dans les 120 jours un refuge aux femmes et filles yézidies ainsi qu’à leurs familles qui se trouvent dans des camps de réfugiés en Turquie, en Grèce et en Irak.

La motion avait été portée par la députée conservatrice, Michelle Rempell, qui n’a pas cessé de réclamer un plus grand engagement du Canada sur la question.

Le ministre canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, s’est réjoui de l’adoption de cette motion : « En ce moment où le monde est divisé sur des questions d’immigration et de réfugiés, c’est bon […] pour les partis politiques au Canada [de] parler d’une [seule] voix [et] d’accueillir des [personnes] vulnérables dans notre pays ».

Un projet aux multiples défis

Mais, John McCallum a avoué qu’Ottawa n’avait pas encore établi un plan précis et a reconnu que de nombreux obstacles se dressaient devant eux.

Néanmoins, il a précisé que son « ministère a envoyé une mission sur le terrain », avant d’ajouter que le gouvernement libéral s’était formellement engagé « à faire venir [les Yézidis] ici, comme le dit la motion, en 120 jours ou moins ».

Quant aux défis qui se dressent devant ce projet, il convient de souligner les difficultés pratiques en matière d’évacuation des membres de cette minorité qui se trouvent dans des zones de combat d’Irak, d’autant plus que la motion souligne que cela doit se faire en seulement quatre mois.

Par ailleurs, un autre obstacle de taille se dresse devant Ottawa. Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies rejette tout procédé d’identifications et de sélections des réfugiés sur des bases ethniques et religieuses.

On ne sait pas encore combien de réfugiés auront la chance de bénéficier de cette décision. John McCallum a cependant rappelé que le Canada avait déjà accueilli 30.000 réfugiés syriens au Canada depuis l’élection, l’année dernière, de Justin Trudeau. Le Canada ne baissera donc pas les bras comme l’a indiqué cette semaine le Premier ministre canadien : « Il est important de souligner que le Canada sera toujours un pays ouvert, déterminé à s’engager et à soutenir les populations vulnérables partout sur la planète ».

Camille Saulas

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