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Ouverture de « couloirs humanitaires » pour les réfugiés syriens

Le 14 mars, la France devrait décider officiellement l’ouverture de « couloirs humanitaires » pour les réfugiés syriens provenant du Liban. Une initiative de cinq organisations chrétiennes indispensable. images
Après l’Italie et le projet des « corridoi umanitari », un an plus tard c’est au tour de la France d’entériner la décision d’ouvrir des couloirs humanitaires afin d’accueillir des réfugiés syriens qui se trouvent au Liban.

Mardi 14 mars, après plusieurs mois de négociations, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, devraient rencontrer à l’Élysée les cinq organisations chrétiennes à l’initiative de ce projet (la communauté de Sant’Egidio, la Fédération protestante de France, la Fédération de l’Entraide protestante, la Conférence des évêques de France et le Secours catholique) afin de signer un protocole d’accord permettant de mettre en œuvre une vaste opération d’accueil de réfugiés.

L’objectif de ce qui est encore un projet, intitulé Couloirs humanitaire, est d’éviter que les réfugiés en question soient victimes du trafic d’êtres humains. En effet, des milliers de Syriens qui fuient leur pays dévasté par la guerre finissent dans les bras des trafiquants d’êtres humains pour une issue souvent mortelle.

Les organisations chrétiennes appelaient donc depuis longtemps le gouvernement français à aider à la mise en place d’une action de solidarité d’envergure à défaut de prendre ses responsabilités internationales. L’État français semble les avoir enfin entendus et devrait garantir l’acheminement de 500 réfugiés en provenance du Liban sur 18 mois.

Une procédure rapide dont les bénéficiaires devraient être choisis indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique. La priorité restant les personnes les plus vulnérables, à savoir : les enfants, les femmes seules ou enceintes, les familles avec des enfants, les personnes âgées, malades ou handicapés, mais aussi les victimes de persécutions, de torture ou d’autres types de violences.

C’est donc un projet pilote qui devrait être mis sur pied afin de répondre à une urgence humanitaire qui ne cesse de s’amplifier depuis le début du conflit syrien. Outre la lutte contre le trafic d’être humain, l’initiative solidaire a aussi pour objectif d’éviter que des réfugiés périssent en mer et qu’on aboutisse à une situation encore plus dramatique qu’en 2016 où, selon l’ONU, environ 5.000 personnes ont péri dans les eaux de la Méditerranée.

Le protocole devrait aussi mettre l’accent sur de bonnes conditions d’accueil afin de faciliter l’intégration des réfugiés syriens bénéficiant du programme.

Le processus se fera en plusieurs étapes avec tout d’abord l’identification des personnes vulnérables dans les camps de réfugiés au Liban grâce à la présence de membres des cinq associations. Les autorités françaises devraient alors vérifier leurs dossiers dans les deux mois et, si les personnes identifiées répondent aux exigences posées, leur délivrer un « visa d’asile » leur permettant d’être transférés en France par voie aérienne aux frais des associations chrétiennes.

Une fois en France, les réfugiés syriens seront accueillis dans des familles qui bénéficieront d’une enveloppe provenant des associations afin de subvenir aux besoins des demandeurs d’asile qui vivront avec eux. De plus, familles d’accueil et Syriens resteront en lien constant avec des équipes constituées pour aider autant les réfugiés dans leurs démarches administratives que les familles d’accueil.

Afin d’assurer leur bien-être ainsi qu’une intégration effective dans la société française des réfugiés, les mineurs seront de nouveau scolarisés dans les trois jours suivant leur arrivée sur le territoire français tandis que les adultes suivront gratuitement des cours de français. En outre, ils seront conseillés et orientés dans leurs recherches d’emploi et dans leurs démarches pour obtenir le statut de réfugié qu’ils devraient obtenir en trois mois selon l’engagement de la France.

Les organisations chrétiennes à l’initiative de ce projet estiment que ce projet devrait fonctionner adéquatement. Comme le souligne la responsable de Sant’Egidio : « En Italie, le dispositif fonctionne très bienLa France va être le deuxième pays à le mettre en œuvre. Il n’ y a pas de raison que ça ne marche pas. »

Si l’État français se décharge ainsi d’une responsabilité qui lui incombe en premier chef, l’initiative, qui devrait débuter fin avril, est admirable et doit être saluée d’autant plus qu’elle ne devrait pas entrainer une levée de boucliers de la part de l’opinion publique française – le projet ne coûtera rien aux contribuables -, mais qui changera la vie de nombreuses personnes et prouvera surtout qu’une solidarité active est bénéfique pour tous.

Espérons que cet engagement français pour l’avenir et la réussite italienne entraineront un effet boule de neige dans le reste de l’Europe, car comme le souligne la présidente de Sant’Egidio France Valérie Régnier : « l’accueil et l’intégration protègent bien plus que les murs ».

Camille Saulas

 

 

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