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Palmyre : destruction du temple de Bel

L’Etat Islamique a détruit lundi 31 août une part conséquente du plus grand temple du site antique de Palmyre, le temple de Bel. Considéré comme l’un des temples les plus impressionnants de Syrie, celui-ci devient donc un nouveau symbole du pouvoir de destruction de Daesh.

TempleBel

Le temple de Bel, datant du Ier siècle, avant explosion.

L’étendue des destructions de ce temple qui a plus de 2000 ans n’est pas encore très claire, mais les habitants de Palmyre ont évoqué une lourde explosion qui aurait détruit une grande partie de l’édifice. Le communiqué est arrivé une semaine seulement après que l’Etat Islamique a fait force publicité autour de destructions majeures sur le site, notamment celle du temple de Baalshamin : preuve, s’il en fallait, que l’anéantissement de ce vestige incomparable de l’Histoire s’accentue avec une rapidité croissante. La menace qui ne faisait jusqu’alors que peser sur le site est désormais réalité : Palmyre connait ses derniers jours.

« Il y a eu une explosion que les sourds même pouvaient entendre », témoigne un résident à l’Associated Press (AP). « Les pierres et les colonnes sont à terre », ajoute-t-il, expliquant que seuls quelques pans de murs sont encore debout. Les images satellites ont confirmé ces dires. A Beirut, Jim Muir explique que pour les extrémistes de l’Etat Islamique, toute représentation rendant compte d’un culte divin est sacrilège et idolâtre pour l’islam. L’UNESCO a condamné comme « crime » la destruction délibérée de l’héritage culturel du site de Palmyre.

Le temple de Bel (ou temple de Baal, les deux termes renvoyant à la même divinité) était dédié aux dieux de Palmyre, et constituait un des édifices les mieux préservées du site. Diane Darke, qui a beaucoup écrit sur Palmyre et qui a composé l’un des guides illustres de visite, le « Bradt guide », explique à la BBC que le temple de Bel était une structure massive qui a été successivement utilisé comme forteresse, église puis mosquée. Guerres et civilisations se sont donc succédées sans que jamais ne préside cette volonté destructrice qui régit tout acte de colonisation de Daesh. « Les Syriens pleurent dans tout le pays à l’annonce de la perte de Palmyre, du plus grand joyaux du site », déplore-t-elle.

La communauté internationale partage ce deuil, et tous, scientifiques comme touristes, sont conscients de perdre avec le temple de Bel un pan certain de leur héritage. Pétrifiés devant la destruction, à défaut de rester muet, et ne sachant que faire…

Elisabeth Raynal

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