International, Politique

PKK : les conditions d’un cessez-le-feu

Les différentes parties prenantes du conflit entre le PKK et le gouvernement turc ne semblent toujours pas trouver de terrain d’entente.

Cemil Bayık

Le 11 août, Cemil Bayık, l’un des leaders du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] a annoncé que seules des négociations de paix pourraient résoudre le problème kurde. Le PKK arrêtera de combattre si et seulement si la Turquie met un terme à ses offensives militaires et fait appel à des intermédiaires internationaux pour négocier un cessez-le-feu.

De son côté, le Premier ministre Ahmet Davutoğlu a annoncé que les frappes contre le PKK ne s’arrêteraient pas tant que le groupe terroriste n’aurait pas mis un terme à ses attaques contre les forces turques.

Le KCK [Union des communautés du Kurdistan], qui inclut le PKK et est basé dans les montagnes Kandil du Nord de l’Irak, a fait part le 10 août de ses revendications quant à un cessez-le-feu : « Tous ceux qui ont été arrêtés pour des raisons politiques depuis le festival de Nevruz en 2013 doivent être relâchés […]. Il faut également nommer un comité qui pourrait dénoncer les actions qui ne respectent pas le cessez le feu des deux côtés. » Le KCK a également annoncé que le PKK ne cesserait pas ses attaques à moins que ses exigences ne soient satisfaites.

Des combats sans fin

C’est dans ce contexte d’exigences apparemment incompatibles que l’armée turque a annoncé le 11 août que « 17 cibles des terroristes séparatistes [avaient] été frappées avec précisions et neutralisées » dans les montagnes de Buzul et d’İkiyaka, dans la province d’Hakkari, à la frontière de l’Iran et de l’Irak. Cette attaque a été menée en réponse à la mort d’un soldat turc lors d’un raid mené par le PKK sur un poste militaire à Şırnak et suite aux obsèques de six membres des forces de l’ordre, tués lors de récentes attaques. Des avions de guerre turcs bombardent sans interruption la place forte du PKK depuis deux semaines dans les montagnes du Nord de l’Irak et du Sud-Est de la Turquie.

La Turquie affirme ne pas soutenir l’EI

Le conflit entre la Turquie et le PKK a contribué à remettre en question la position du gouvernement turc face au groupe Etat islamique. C’est pourquoi le premier ministre turc Ahmet Davutoğlu a ressenti le besoin de rejeter l’accusation selon laquelle la Turquie supporterait Daesh ou toute autre organisation lors d’une interview avec la BBC : « C’est une accusation injuste et je la rejette catégoriquement. […] La Turquie n’a jamais supporté l’EI ou tout autre groupe proche de l’EI. », a-t-il dit. Ahmet Davutoğlu a ajouté que la Turquie s’opposait à tous les groupes terroristes parce qu’ils menaçaient la Turquie plus que tout autre pays.

Davutoğlu annonce le potentiel envoi de troupes turques en Syrie

La base d’İncirlik.

En réponse à la question de l’envoi de troupes turques en Syrie, le Premier ministre a affirmé que « s’il y [avait] une menace directe envers la Turquie ou envers ses intérêts », la Turquie utiliserait ses forces militaires afin de protéger la sécurité nationale. Afin de prouver sa bonne foi, ce dernier a évoqué l’accueil des deux millions de Syriens réfugiés en Turquie afin d’échapper aux atrocités commises par l’EI.

Le gouvernement turc a annoncé que la Turquie participerait bientôt aux frappes aériennes contre l’EI. Le mois dernier, la Turquie a accepté que la coalition menée par les Etats-Unis lance des attaques contre l’EI à partir de la base turque d’İncirlik localisée près de la frontière entre la Turquie et la Syrie. Les Etats-Unis ont commencé à mener des raids aériens depuis cette base la semaine dernière et un contingent de six F-16 et 300 militaires américains ont été envoyés à İncirlik le week-end dernier.

Anne-Laure Gatin

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