Société, Tourisme

Plus de 400 chevaux utilisés pour les calèches meurent chaque année à Istanbul

Les associations de défense des animaux tirent la sonnette d’alarme contre les calèches tirées par les chevaux. Chaque année, plus de 400 chevaux succombent de leurs blessures et des mauvaises conditions dont ils sont victimes. Les chevaux utilisés pour tracter des calèches dans les lieux touristiques comme les Îles aux Princes d’Istanbul ont une espérance de vie moyenne de seulement 2 ans contre 20 ans habituellement, selon une étude d’un groupe défendant les droits des animaux.

« L’espérance de vie approximative pour les chevaux est de 20 ans. Mais l’espérance de vie des chevaux utilisés pour tracter des calèches est de seulement deux ans une fois qu’ils ont commencé à travailler », a déclaré Elif Narin, militante du mouvement, avant d’ajouter « Ne montez pas en calèche, les chevaux en meurent »

Le Comité de Surveillance des Droits des Animaux a fait un rapport le 9 mai dernier concernant les chevaux utilisés en Turquie pour conduire des calèches. Ils ont établi que 1 540 chevaux travaillaient pour les 272 calèches se trouvant aux Îles aux Princes, dont 230 à Büyükada, la plus grande des îles.

Environ 400 chevaux meurent chaque année à cause d’accidents ou en raison de conditions misérables dans lesquelles ils sont utilisés.

« Le nombre 400 représente seulement le nombre de chevaux morts qui ont été enterrés par la municipalité. Mais nous savons que de nombreux chevaux blessés sont abandonnés à leur triste sort dans les forêts. Des cadavres de chevaux ont également été retrouvés en mer, nous pensons qu’entre 700 et 800 chevaux meurent chaque année » ajoute-t-elle.

On retrouve nombre de ces calèches tirées par des chevaux dans d’autres destinations touristiques de Turquie comme Izmir, Antalya ou Kuşadası.

« Il est contre nature d’utiliser des chevaux pour monter de telles pentes comme on en voit à Büyükada, il y énormément de pentes raides. De plus si l’asphalte est abimé ou cassé, les cheveux trébuchent et se blessent », explique Elif Narin.


Il y a également beaucoup de chevaux qui meurent de suralimentation. En effet, s’ils courent après avoir bu et mangé, ils peuvent en mourir, car leur estomac ne supporte pas le choc. Ils courraient donc sans eau ni nourriture, ce qui est vraiment stressant pour eux. Les gens font la queue pour monter dans les calèches et même les juments enceintes sont utilisées pour tracter ces calèches.

« Nous avons entendu parler de nombreux incidents dans lesquels les chevaux blessés étaient jetés en mer. Nous ne savons pas si c’est vrai ou non, mais nous avons vu des photos montrant des chevaux morts gisants dans les fonds marins », ajoute Elif Narin.

La gestion des calèches de chevaux est monopolisée, ce qui explique que l’exploitation d’une calèche revient à acquérir une plaque d’immatriculation pour un taxi. Toutes les calèches à Büyükada sont gérées par peu de personnes. Par exemple, une personne peut louer une calèche pour six mois. Cette personne exploite les chevaux pour tracter les calèches et se faire de l’argent.

De plus, il n’y a aucun centre médical pour les chevaux à Büyükada. Ces chevaux sont présents partout, mais il n’y aucun vétérinaire ou centre pour eux. La municipalité d’Istanbul fixe les prix pour les calèches, mais rien n’est fait pour la santé des chevaux. Selon Elif Narin, les calèches électriques pourraient être une bonne alternative pour remplacer les calèches tractées par les chevaux et leur épargner de grandes souffrances.

Solène De Faria Conto

 

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