International

Plus de 60 millions de réfugiés à travers le monde selon l’ONU

Le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies a présenté aujourd’hui son rapport annuel à la presse internationale, à Istanbul. Antonio Guterres, Haut commissaire de l’organisation, a évoqué l’émergence d’une ère nouvelle et dangereuse pour les déplacements forcés de la population mondiale, alors que le chiffre des réfugiés annoncé pour la fin 2014 s’élevait à plus de 59,5 millions d’individus.

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Ce chiffre de près de 60 millions pour 2014, probablement dépassé aujourd’hui, fait état d’une très nette accélération du nombres de déplacés, que ce soit pour des causes de tensions politiques, religieuses ou encore militaires. Une accélération qui s’était déclenchée dès 2011 avec le conflit syrien, et dont la Turquie fait aujourd’hui les frais : plus de deux millions de réfugiés accueillis en 2014 et près de 6 milliards de dépenses directes afin de gérer l’afflux. Ces données font aujourd’hui de la Turquie le premier pays d’accueil de réfugiés au monde. Les nombreux conflits dont le Proche et Moyen-Orient sont aujourd’hui les théâtres font d’ailleurs de l’ensemble de la région la plus grande concentration de réfugiés au monde en 2014, pour à peu près 86 % du chiffre total de déplacés.

Mauvaise volonté européenne

Le Haut commissaire s’est montré critique à l’égard des pays européens aux sujets de leur politique d’accueil des réfugiés, trop souvent désignés à tort en tant que « migrants », terme occultant l’aspect politique des afflux migratoires pour une vision plus économique du problème. Le Portugais considère inapproprié le « ton dramatique » accompagnant régulièrement le sujet des migrants en Méditerranée. Épinglant les gouvernements européens pour leur manque d’implication financière, mais aussi morale, leur reprochant leur manque de compassion et leur désintérêt, l’appel de M. Guterres aux pays développés était clair :

« Le ton dramatique qui se retrouve dans les discussions entre les diplomaties européennes n’a pas de sens, quand on sait que  les principales terres d’accueil pour 86% des réfugiés du monde sont des pays encore en voie de développement, pour lesquels les conséquences économiques sont beaucoup plus néfastes. Je parle ici entre autres de pays comme le Liban ou la Jordanie, qui ont tant bien que mal fourni des éléments de solution à ce problème humanitaire. »

Guterres a ensuite déclaré qu’il n’existait à ce jour pas de solution possible pour régler cet état de faits où près d’un habitant de la terre sur cent a été forcé de quitter son pays depuis l’an dernier. Les moyens de l’organisation ne prévoyant pas la gestion d’une problématique aux proportions si spectaculaires, la solution ne pourra être que globale et demandera l’implication entière des pays riches via un « engagement mondial sans précédent ». Vision dont le Haut-Commissaire reconnaît lui-même la difficulté : « Dans un monde sans gouvernance globale, où les relations de pouvoir sont obscures, les solutions actuelles sont proches de zéro. »

photo_5Dans l’ensemble, le rapport du HCR a fait part de l’augmentation sans précédent des déplacements de population en Europe (+51%), en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (+19%), en Afrique du Sud (+17%), en Asie (+31%), et même sur l’ensemble des deux continents américains (+12%). Une hausse qui n’épargne presque aucun continent en 2014. Selon le HCR, la moitié d’entre eux sont des enfants.

Un rapport criant de vérité, à l’heure où l’Allemagne et la France se renvoient encore la balle des fameux « quotas de migrants » dans un contexte d’indignation publique variée, mêlée de manifestations de soutien et, inversement, de rejets, alors que plusieurs centaines de réfugiés ont été repoussés de la frontière franco-italienne, à Vintimille.

 

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