Economie, International

Possible sortie de la Grèce de la zone euro : des réactions mitigées !

En Grèce, on est de plus en plus nombreux à souhaiter une sortie de la zone euro. Une décision qui s’explique par diverses raisons, la principale étant d’améliorer la compétitivité du pays. Quelles seraient les conséquences de la réalisation d’un tel scénario ? Quelles sont les réactions des pays voisins ?

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D’après un récent sondage, les grecs seraient 75% à vouloir rester dans la zone euro. Toutefois, si le contraire est décidé, cela engendrerait, naturellement, des conséquences auxquelles ils devraient faire face. Au niveau interne, le circuit bancaire s’en verrait quasiment bloqué puisque le pays ne recevrait dès lors plus d’aide, autrement dit de financements, de la part de la Banque centrale européenne. En revanche, la balance commerciale serait nettement améliorée puisque les exportations augmenteraient, étant donné la dévaluation d’un nouveau drachme par rapport à l’euro. Sur un plan externe, si la Grèce n’appartient plus à la zone euro, il va falloir s’attendre à des réactions et hausses de ton de la part de l’Irlande, mais aussi du Portugal, de l’Italie et de l’Espagne, car ce sont des pays qui ont fait et continuent à faire des efforts. En effet, ils ont suivi, ou du moins tenté de suivre la politique de rigueur qui leur a été imposée. De plus, cela va sans dire mais ça va mieux en le disant, un retrait de la Grèce de la zone européenne aurait comme impact direct la fuite des capitaux, quoique certes pas très conséquents. Finalement, les pays européens, mais également ceux des continents voisins, enregistreraient une perte de confiance envers ce pays, se combinant à une augmentation des taux d’intérêt.

En se penchant sur les réactions de la part des pays européens, celles-ci sont mitigées. D’après l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, la chancelière allemande Mme. Angela Merkel, et son ministre des Finances M. Wolfgang Schauble assurent pour la première fois que le retrait de la Grèce du système de monnaie unique que représente l’euro est « supportable », et ce, « en raison des progrès accomplis par la zone euro depuis le sommet de la crise en 2012 ». L’Allemagne, qui jusque là s’était opposée à une sortie de la Grèce de la zone euro, se prononce désormais d’une manière favorable sur la question. Effectivement, le gouvernement allemand juge que sortir la Grèce de la zone euro est presque indispensable voire « inévitable » si Alexis Tsipras, chef du parti d’opposition de gauche radicale, connue sous le nom Syriza, venait à remporter les élections législatives du 25 janvier prochain. Par ailleurs, dans l’Hexagone, le président François Hollande reste neutre et déclare : « Les Grecs sont libres de décider souverainement de leur gouvernement qui devra toutefois respecter ses engagements » – propos recueillis hier par Nicolas Barré, présentateur de l’émission Edito économique sur Europe 1. Finalement, Mme. Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission européenne a pour sa part rappelé clairement que l’appartenance d’un pays à la zone euro était « irrévocable ».

alexis-tsipras1406617012Dans un discours donné à Athènes, le dirigeant de Syriza, appuie vigoureusement son point de vue : « Grâce à des négociations énergiques, nous garantissons une participation réellement équitable de notre pays à la zone euro (…) On doit en finir avec l’austérité. » Il a aussi présenté un programme de gouvernement qui « ne créera pas de nouveaux déficits », se concentrant sur les quatre piliers que sont « la lutte contre la crise humanitaire », « la relance de l’économie », « la reconquête du travail », « la réforme de l’État », ainsi qu’une cinquantaine de mesures concrètes. La proposition phare étant « l’effacement de la majeure partie de la valeur nominale de la dette », à l’origine de la crise en 2009, et qui n’est toujours « pas viable », selon le leader du principal parti d’opposition grecque au parlement.

Sara Ben Lahbib

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