Chroniques, Le choix de la rédaction

« Pourquoi un journal en français ? »

Pour cet édito d’anniversaire, je voudrais revenir à une question qui nous était régulièrement posée durant les premières années du journal : « Pourquoi un journal en français ? » Une question qui nous a été adressée bien plus par les Français que par les Turcs. « Le Monde et Turkish Daily News suffisent », disaient-ils. Et, étrangement, ces derniers restaient indifférents à la contribution de ce journal au développement de la francophonie en Turquie.

Année après année, Aujourd’hui la Turquie a su se faire une place dans un pays où le français recule progressivement, mais où la francophonie conserve encore la sympathie de la population turque. C’est cet intérêt qui nous a encouragé durant ces dix années.

Dix ans après la parution d’Aujourd’hui la Turquie, on constate que d’autres formes de presse francophone ont vu le jour dans ce pays, ce qui démontre bien qu’un journal français y a sa place. Et cette place, il ne faut pas oublier que c’est Aujourd’hui la Turquie qui l’a patiemment forgée, en tant que porte-flambeau de la francophonie et précurseur de ce renouveau après 30 ans d’absence de presse en langue française en Turquie.

En 2004, lorsque nous œuvrions au lancement de ce journal, l’économie turque se remettait d’une grave crise. Les pourparlers pour l’adhésion de la Turquie à l’UE n’avaient pas commencé, et l’UE faisait encore rêver plus de 70% de la population turque. De 2005 jusqu’à la fin 2010, la croissance de l’économie turque et la transformation du pays ont été flagrantes, tout comme la chute de l’intérêt des Turcs envers l’UE. Par la suite, nous avons assisté à l’essoufflement de la croissance économique nationale, à l’arrêt progressif des négociations d’adhésion à l’UE et à un recul des libertés dans le pays.

La crise économique, en Europe et aux États-Unis, n’a fait qu’enfoncer le Moyen-Orient, région hautement stratégique et courtisée pour ses réserves pétrolières, dans un chaos sans précédent.

Depuis dix ans, Aujourd’hui la Turquie suit l’actualité en français, avec un regard francophone analytique. Après avoir soutenu et suivi l’adhésion de la Turquie à l’UE, nos interrogations pour les numéros à venir seront : L’aventure européenne de la Turquie est-elle terminée ? L’Europe peut-elle se passer de la Turquie ? Qu’en sera-t-il des tensions et des conflits qui secouent le Moyen-Orient ? Ceux-ci menacent-ils la paix en Turquie et en Europe ? …

Je finirai en rappelant que la diversité de l’information est fondamentale pour la démocratie, que tout ce qui va à l’encontre de celle-ci ne peut qu’entraver la liberté de la presse et, enfin, que la discrimination est néfaste à toutes les libertés.

Mireille Sadège

1 Comment

  1. Debiolles

    Sincères remerciements de la part d’un francophone turcophile.

    Excellente continuation

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