International, Politique

Poutine et Erdoğan s’entretiennent lors du G-20

Samedi 3 septembre, le Président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge du sommet du G-20 qui s’est déroulé à Hangzhou, en Chine, le 4 et 5 septembre. KD0OsDOj1PAZLncruafolYy7cXYGdqO2

Cela avait été annoncé le 30 août par le Kremlin : le Président turc et Vladimir Poutine allaient s’entretenir le 3 septembre en marge du sommet du G-20, en Chine, dans le cadre du processus de normalisation des relations bilatérales. C’est chose faite.

Normalisation des relations bilatérales

Durant sept mois, les relations entre Moscou et Ankara ont été marquées par une guerre des mots et des sanctions économiques à la suite de la destruction par l’aviation turque d’un avion de combat russe ayant violé l’espace aérien turc au niveau de la frontière turco-syrienne en novembre dernier. Mais, les « regrets » de Recep Tayyip Erdoğan, en juin dernier, ont permis d’apaiser les tensions.

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Vendredi 1er juillet, le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et son homologue russe Sergei Lavrov avaient fait un premier pas vers la levée des sanctions russes à l’encontre de la Turquie notamment dans le secteur touristique. Ce processus a continué avec la visite, mardi 25 juillet, du vice-premier ministre turc, Mehmet Şimşek, à Moscou.

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Puis, une rencontre historique a eu lieu en Russie, le 9 août, quand Recep Tayyip Erdoğan s’est entretenu avec Vladimir Poutine. Une première après sept mois de tensions exacerbées.

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L’opération « Bouclier de l’Euphrate » inquiète Moscou

Ce week-end, la rencontre entre les deux présidents s’établit dans un contexte différent dans la mesure où Ankara a lancé, mercredi 24 août, l’opération « Bouclier de l’Euphrate », soutenue par la coalition internationale, pour éradiquer Daech à sa frontière. Cette opération militaire – la première intervention turque sur le sol syrien depuis le début du conflit qui ravage le pays – a suscité l’inquiétude de Moscou malgré l’accord entre les deux pays d’augmenter la coopération sur le dossier syrien.

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En effet, alors que les militaires turcs venaient à peine de traverser la frontière, le Kremlin s’est dit « profondément préoccupé » à ce sujet. Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères russe pointait du doigt « la possibilité d’une dégradation supplémentaire de la situation dans la zone du conflit ». Une éventualité on ne peut plus « inquiétante » selon Moscou.

Vladimir Poutine fait de l’humour

Malgré tout, la rencontre de ce week-end s’est tenue dans des conditions détendues. Vladimir Poutine n’a d’ailleurs pas hésité à faire preuve d’une pointe d’humour en évoquant le chef des services secrets de la Turquie, Hakan Fidan, qui faisait partie de la délégation accompagnant le Président turc : «  Nous n’avons riens à évoquer si votre chef des services secrets est là […] il vous a déjà informé de tout ».

Le rétablissement de la coopération se poursuit

Le Président turc s’est montré optimiste à la suite de cet entretien, rappelant que les deux dirigeants avaient déjà pris « certaines mesures » pour améliorer les relations bilatérales entre Moscou et Ankara. Recep Tayyip Erdoğan faisait notamment référence au projet énergétique Turkish Stream et à la reprise des vols charters reliant la Turquie et la Russie. D’ailleurs, au même moment, un charter russe rempli de touristes venait d’atterrir à Antalya.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé dimanche 4 septembre que les deux dirigeants s’étaient entendus durant cette rencontre pour augmenter l’envoi de pétrole russe vers la Turquie. Reuters a en effet rapporté que Dmitri Peskov a expliqué que les deux présidents avaient exprimé leur « soutien à l’idée de possibles développements supplémentaires concernant l’approvisionnement pétrolier de la part de la société d’État russe, Rosneft ».

Vladimir Poutine et son homologue turc auraient aussi évoqué les avancées notables relatives au projet de centrale nucléaire d’Akkuyu et l’avancée du travail avec l’agence fédérale de l’énergie atomique russe – Rosatom – en charge de la construction des réacteurs nucléaires.

Le 3 septembre aurait aussi été l’occasion pour les deux leaders de discuter de la levée des sanctions russes sur les produits agricoles turcs. Le porte-parole du Kremlin a indiqué que « le travail allait continuer » sur cet aspect.

Ce dernier a conclu sur une note on ne peut plus positive en décrivant la rencontre entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan comme ayant été « positive », avant d’ajouter que les deux dirigeants « ont confirmé leur détermination conjointe d’aller plus loin dans le processus de normalisation des relations bilatérales ».

En revanche, lors de la conférence de presse qui a suivi cet entretien, le président russe a tout de même tenu à souligner qu’ « il y a toujours beaucoup à faire pour rétablir complètement la coopération dans toutes les sphères », avant d’ajouter : « La Turquie, qui lutte contre le terrorisme, traverse une période difficile […] je suis sur que nous pourrons coopérer davantage une fois que la situation sera complètement normalisée (en Turquie) ».

Camille Saulas. 

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