Economie, International, Politique

Première rencontre entre Recep Tayyip Erdoğan et Donald Trump

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est rendu à la Maison Blanche mardi 16 mai afin rencontrer pour la première fois son homologue américain Donald Trump.

Lors de cette première rencontre entre les deux présidents plusieurs sujets ont été abordés dans le but d’apaiser les tensions et combattre le terrorisme.  Les deux dirigeants, tous deux alliés au sein de l’OTAN, se sont promis un soutien mutuel.

La question Kurde
Une semaine avant l’arrivée d’Erdoğan à Washington, Trump a autorisé les États-Unis à fournir des armes aux combattants Kurdes en Syrie des Unités de protection du peuple (YPG), qu’il considère comme des alliés dans la lutte contre l’État Islamique. Mais pour le président turc, ces milices ne sont qu’une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, qui lutte violemment contre Ankara et est considéré comme un groupe terroriste.

Erdoğan a alors déclaré que ce soutien violerait l’accord conclu entre leurs deux pays et a exhorté l’Administration Trump à revenir sur leur décision. « Prendre en considération les (milices kurdes) YPG-PYD dans la région ne sera jamais accepté et violerait l’accord global que nous avons conclu », a-t-il averti aux côtés du président américain.

Il avait déjà déclaré deux semaines auparavant, lors du sommet annuel du think tank américain The Atlantic Council, qui a eu lieu à Istanbul : « On ne peut pas armer des terroristes pour combattre des terroristes ». Erdoğan redoute notamment que les armes livrées par les Américains puissent un jour finir par être utilisées contre la Turquie par le PKK.

Le chef d’État américain a assuré soutenir la nation turque dans ses combats contre les jihadistes du groupe État Islamique, mais aussi contre les séparatistes du PKK.

L’avenir de Fethullah Gülen

Cette rencontre fut également l’occasion d’aborder le sujet de Fethullah Gülen, ex-allié d’Erdoğan exilé aux États-Unis depuis 1999. Il est accusé d’être le responsable de la tentative de coup d’État en Turquie durant la nuit du 15 au 16 juillet dernier. Le président turc demande son extradition, en vain. Devant son homologue, le président turc a affirmé qu’il avait « franchement communiqué (ses) attentes concernant l’organisation terroriste (de) Fethullah (Gülen) ».

Des relations stables primordiales

Le partenariat entre la Turquie et les États-Unis est déterminant pour la stabilité du Moyen-Orient. Selon les experts, les États-Unis ont besoin de la Turquie pour lutter contre le djihadisme, gérer le flot de réfugiés, négocier un futur plan de paix en Syrie, et laisser l’aviation américaine utiliser la base d’Incirlik.

De fait, des experts pensent qu’en échange d’un accord tacite d’Ankara à une offensive arabo-kurde soutenue par Washington contre l’État Islamique dans son fief syrien de Raqa, le président américain pourrait garantir à Recep Tayyip Erdoğan que la justice américaine examine l’extradition de Fethullah Gülen.

D’autre part, les États-Unis pourraient donner leur feu vert à une offensive turque contre des bases du PKK dans le nord de l’Irak, à Sinjar. Selon Soner Çağatay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy, « C’est la principale demande ». Le président turc « est venu chercher le soutien des États-Unis à une opération turque contre Sinjar », affirme l’analyste.

Solène De Faria Conto

Partager

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *