Culture, Découverte, Société

Le Prix Littéraire Notre-Dame de Sion célèbre ses dix ans

C’est sur une initiative originale du directeur du lycée Notre-Dame de Sion (NDS), Yann de Lansalut, que ce Prix a été créé en 2008. Depuis, il est organisé en collaboration avec l’Association des Anciens de NDS. Le Prix est accordé en alternance à une œuvre écrite en langue turque et, l’année suivante, à une œuvre écrite en français et traduite en turc. La cérémonie de remise du Prix Littéraire NDS a lieu tous les printemps dans le somptueux Palais de France sous le haut patronage de l’Ambassadeur de France en Turquie. De par ses caractéristiques, le Prix n’est pas seulement un événement littéraire. Il contribue aussi activement à la francophonie en Turquie.

 

Lors de son lancement, Yann de Lansalut évoquait un prix qui « veut contribuer à l’échange culturel entre les pays francophones et la Turquie, il veut aussi susciter de nouveaux talents, mais avant cela c’est rappeler le bonheur de lire, délicieux loisir qui permet d’élargir ses connaissances, structurer sa réflexion, s’ouvrir à d’autres manières de penser ».

Lale Murtezaoğlu, Présidente de L’Association des Anciens de NDS, nous parle de la formation du jury : « Au printemps 2008, le directeur du lycée M. Yann de Lansalut m’a demandé la liste des écrivains, journalistes et académiciens diplômés du lycée inscrits à l’Association des Anciens NDS. Après deux réunions, la première étape du lancement du Prix Littéraire était bouclée : le premier jury du Prix, composé de neuf diplômés des différentes promotions du lycée, était formé ».Celle-ci explique : « Au lancement du Prix, un comité de pilotage composé des membres du Conseil d’Administration de l’association a travaillé avec le jury pour la présélection des livres, conformément au règlement du Prix. Les maisons d’édition se sont très vite familiarisées avec les critères du Prix donc le jury a procédé aux présélections », avant d’ajouter : « L’Association organise au salon de livre de Tüyap des panels et séances de dédicaces des livres et des lauréats du Prix contribuant ainsi à la renommée du Prix ».

Dix ans après son lancement, le Prix Littéraire NDS remplit-il ses promesses ? Suzan Sevgi, la directrice adjointe du lycée NDS, nous répond : « Au départ, nous étions les seuls à y croire, mais plus maintenant. Le Prix Littéraire NDS fait désormais partie intégrante des prix du monde littéraire turc ». Celle-ci ajoute: « Je dois souligner dans cette réussite, le rôle fondamental de notre jury et l’importance du soutien de l’Ambassadeur de France en Turquie ».

La secrétaire générale du Prix, Mireille Sadège, évoque son déroulement : « Dans la semaine qui suit la cérémonie de remise des Prix, l’appel à la candidature pour le Prix suivant est lancé. Lors d’un diner qui marque l’arrivée de l’été et qui réunit les membres du jury, la direction du lycée et les membres de l’Association des Anciens de NDS, nous faisons le bilan du Prix passé et discutons de celui à venir ainsi que du panel que nous organisons tous les ans depuis 2009 au Salon du livre d’Istanbul, Tüyap. Ces rencontres rassemblent des écrivains, des historiens, des sociologues, des journalistes et d’autres personnes influentes autour des questions de sociétés évoquées dans la littérature. Vers la mi-juillet mon bureau est envahi par des piles de livres que j’enverrai par la suite aux membres du jury en leur souhaitant de bonnes vacances et de bonnes lectures. Dès septembre, nous commençons les réunions où nous discutons autour des livres, mais aussi leur suppression ou encore leur choix pour la finale… Pour une personne qui a toujours aimé les livres comme moi, ce Prix est une chance puisque je suis ainsi entourée de livres tout au long de l’année. Néanmoins, au fil des ans, je déplore la faible présence de la nouvelle génération de romanciers dans les ouvrages traduits du français au turc dans notre sélection ».

LES MEMBRES DU JURY NOUS PARLENT DU PRIX

Mayda Saris, écrivain et journaliste

Il y a dix ans, lorsqu’on m’a proposé de devenir membre de jury du Prix Littéraire NDS, j’ai accepté sans hésitation, car il s’agissait de l’école où j’ai passé mes plus belles années. Notre-Dame de Sion a donc une grande valeur à mes yeux. Je suis particulièrement fière de servir mon école.

Je n’oublierai jamais notre émotion lors de la première remise du Prix Littéraire NDS. Comment le Prix allait-il être accueilli ? Très vite, l’initiative du M. Yann de Lansalut a été jugée remarquable et très à propos.

Le choix des célébrités est une erreur souvent commise par les jurys des prix littéraires. Nous n’avons pas commis cette erreur. Nos décisions se sont toujours basées sur un travail méticuleux de lecture et d’évaluation des ouvrages. Nous avons toujours été d’accord pour soutenir les jeunes et talentueux auteurs. La construction de la fiction, le style de l’écriture font partie de mes principaux critères de sélection.

Emel Kefeli, académicienne

Ce prix apporte une contribution particulière au monde littéraire en Turquie. Si l’on considère les lauréats de ces dix années, on remarque que le choix du jury s’est porté sur de jeunes plumes afin d’attirer l’attention des lecteurs sur ces écrivains et leurs ouvrages. Le Prix permet aussi de faire connaître au public turc l’évolution de la littérature française contemporaine, il cultive un goût littéraire universel.

Quant aux critères de sélection, nous prêtons une attention particulière à la qualité de la fiction et à la capacité de la narration à transmettre et à faire ressentir le vécu grâce à un langage différent, imagé et frappant. Ainsi, les ouvrages qui ont reçu le Prix Littéraire NDS constituent déjà une feuille de route pour ceux qui veulent suivre les développements du monde littéraire.

Özlem Yüzak, écrivain et journaliste

Décerner des prix littéraires est une tâche difficile et je suis fière de mon école en raison de cette initiative, mais aussi du travail accompli par le jury depuis dix ans qui a permis la création du Prix Littéraire NDS qui fait désormais partie du paysage culturel du pays.

Je pense qu’il apporte un souffle différent au lycée Notre-Dame de Sion, à la coopération franco-turque ainsi qu’à la Turquie. J’aimerais aussi souligner la pertinence du lancement en parallèle du Prix Littéraire NDS des lycéens qui encourage la participation active des élèves à ce Prix.

Quant à mes critères de sélection, je donne la priorité à l’objectivité, à l’authenticité et au caractère novateur des ouvrages du point de vue littéraire. Si l’ouvrage considéré est un ouvrage traduit, nous attachons également de l’importance au langage et à la perfection de la traduction.

Zeynep Sabuncu, académicienne

Les prix littéraires décernés en Turquie visent en général à perpétuer le nom d’un écrivain, d’un poète ou d’un critique littéraire. À ma connaissance, le Prix Littéraire NDS est le seul prix en Turquie à être décerné par une école dont le jury est composé de ses anciens élèves. Vu sous cet angle, il occupe vraiment une place particulière. Aussi, je peux dire que les principaux critères de choix des livres sont essentiellement des valeurs adoptées par le lycée Notre-Dame de Sion sur lesquelles repose son enseignement et que les anciens qui composent le jury ont intériorisées malgré leurs personnalités différentes.

Ce qui compte lors de l’évaluation de l’ouvrage, ce sont l’authenticité du thème et la fluidité du récit et de l’expression. En ce qui concerne les ouvrages turcs, nous attachons de l’importance à l’usage élégant de la langue ainsi qu’à la finesse et à l’originalité des figures de style. Quant aux ouvrages traduits, la qualité de la traduction reste déterminante.

Yazgülü Aldoğan, écrivain et journaliste

Ce qui m’a motivé à faire partie du jury il y a dix ans, c’était de pouvoir renouer des liens avec mon école que j’aime beaucoup. Durant ces dix années, le sérieux avec lequel nous accomplissons notre tâche, l’effort consacré à trouver les meilleurs ouvrages, la qualité indiscutable des ouvrages sélectionnés et la place particulière que ces derniers occupent aujourd’hui dans le monde littéraire m’ont apporté beaucoup de satisfaction.

Choisir l’ouvrage d’un écrivain digne de mérite en finale d’une compétition représente sans aucun doute une grande responsabilité. Et cela devrait se faire de façon juste et avec beaucoup de sincérité.

Pour ma part, je choisis un ouvrage avec beaucoup de minutie, car la récompense qui lui sera décernée portera le nom d’une école.

Je suis heureuse et en paix lorsque je vois que les écrivains que nous avons choisis au cours de ces dix années ont toujours beaucoup de succès. Mon seul souci, c’est le peu d’œuvres traduites en turc. Cela serait tellement mieux si nous avions davantage d’écrivains français traduits en turc ! Ainsi, nous aurions la chance de choisir parmi un plus grand nombre d’ouvrages…

Lizi Behmoaras, écrivain et journaliste

Pour les membres du jury du Prix littéraire NDS dont je fais partie, le choix du lauréat est toujours un travail qui implique une grande responsabilité, car chacun de nous écrivant peu ou prou connait bien la somme de réflexions, d’investigations, d’études, de pages d’écriture, de vérifications et d’angoisses que demande une œuvre et ne se permettrait pas de juger et de choisir à la va-vite.

Nos critères de sélection sont l’originalité du sujet et son traitement, le style, l’honnêteté intellectuelle, le message délivré et, pour les œuvres traduites du français, la qualité de la traduction.

Les auteurs français primés ont l’occasion de se faire connaitre par le public turc non seulement par l’intermédiaire de leur œuvre traduite, mais aussi par le biais des interviews accordées aux médias. Ils ont aussi la possibilité de mieux appréhender le pays et d’avoir des échanges de vues avec un bon nombre de passionnés de lecture …

Mine Haksal

Depuis quatre ans, je suis membre du jury du Prix Littéraire NDS. J’aime ce travail, car il me permet de lire des livres et de découvrir des écrivains que je n’aurais jamais connus autrement. De plus, j’aime lire et discuter de mes lectures avec des élèves de mon école et de différentes générations. J’ai été touché par la rencontre entre la lauréate du Prix Littéraire NDS 2017, Bahar Aslan, et les élèves du lycée, car j’ai pu constater que ces derniers ne se contentaient pas de lire uniquement le livre, mais ils s’interrogent aussi. Ça a renouvelé ma confiance dans la jeunesse. Je souhaite de tout cœur que ce prix continue.

Arzu Öztürkmen

Le Prix Littéraire NDS est un point de rencontre avec les livres et les différentes générations d’anciens élèves de mon lycée. Chaque année, lorsque je découvre les livres présentés, je réfléchis sur qui a écrit quoi alors que de mon côté j’étais occupé avec mes propres travaux. Au fur et à mesure de mes lectures, j’ai l’impression d’être une voyageuse qui flâne au milieu de différentes pensées et rêveries.

Passionnée du folklore, j’ai passé beaucoup de temps dans le monde des contes. Dans cet univers, les personnages et les événements se mêlent soudain les uns aux autres et le rêve et la réalité se confondent. À l’image de ce monde, le Prix Littéraire NDS nous amène tous les ans dans différents lieux et époques.

Chacun de nous, avec sa propre temporalité et sa finesse d’esprit, discute et échange sur ces univers jusqu’à ce que nous nous souvenions des limites imposées par la réalité de notre monde.

Sophie Clément

 

Le Jury du Prix Littéraire NDS 

Tomris Alpay (Présidente)

Yazgülü Aldoğan, Liz Behmoaras, Emel Kefeli, Arzu Öztürkmen, Mayda Saris, Zeynep Sabuncu, Özlem Yüzak, Mine Haksal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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