Culture, International, Société

Prix littéraire France-Turquie 2021

Installé en Turquie depuis 2009, Sylvain Cavaillès, docteur en études turques et passionné de littérature turque contemporaine, partage sa vie entre les deux rives de la France et de la Turquie. Il traduit des livres et les édite à ses frais dans sa maison d’édition « Kontr » qu’il a fondée en 2017.

Il estime que la littérature turque est très peu représentée sur la scène française. Pour lui, c’est un « petit monde » avec un nombre très restreint de traducteurs. L’idée de créer « Kontr » émerge et prend forme afin de répondre à cette demande de l’édition française dans le domaine turc. 

Dans le but de promouvoir les liens d’amitié entre les deux pays, ô combien riches d’histoire, le Comité d’amitié France-Turquie, qui existe depuis 72 ans, a décidé il y a plus de 30 ans de créer un prix littéraire qui récompense tantôt un roman, l’autre année un essai. Le jury est composé d’écrivains connus. 

Crédit photos : Eloïse Ébru Fesli

Cette année, la cérémonie s’est déroulée à la mairie du 16e arrondissement de Paris en présence du maire de l’arrondissement, Francis Szpiner. Sous la présidence de la romancière franco-turque Kenizé Mourad et du président du Comité France-Turquie Marc Büker, ont été réunis les membres du jury : des écrivains comme Nedim Gürsel ou Vénus Khoury-Ghata, la sociologue-écrivaine Gaye Petek, l’historien spécialiste de l’Empire ottoman Frédéric Hitzel et Timour Muhidine, directeur d’Acte Sud pour les éditions en langue turque.

Le prix littéraire France-Turquie a été attribué à Kemal Varol pour son roman Ouaf. Ce romancier enseigne la littérature turque et révèle un sens aigu de l’humour et un fort esprit d’engagement. 

Pour Sylvain Cavaillès, traduire Ouaf de Kemal Varol est l’aboutissement d’un projet qui a commencé en 2015. Cette fiction se déroule principalement au début des années 1990, période sanglante du « problème kurde » en Turquie. L’œuvre raconte les ravages de ce conflit dans la région de Diyarbakır du point de vue d’un pauvre corniaud, Mikasa, qui vit dans les rues d’Arkanya. L’auteur dénonce la guerre dans les régions kurdes de Turquie, qui empoisonne la vie quotidienne dans cette partie de l’Anatolie, en transmettant, tout en lui donnant une valeur universelle, la vérité de ce que fut ce conflit tragique. 

La France, pays d’accueil, possédant une offre culturelle exceptionnelle, sera toujours heureuse d’ouvrir ses portes et de s’intéresser à d’autres horizons, afin d’enrichir sa culture et de s’ouvrir toujours plus au monde. Ce magnifique objectif est doublement partagé par M. Sylvain Cavaillès qui essaie de le perpétuer avec ténacité et courage.

Eloïse Ébru Fesli

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