Culture, Découverte, Société

Le « Prix des Lycéens Francophones de Turquie » met à l’honneur la francophonie

Lundi 20 mars, au Palais de France à Istanbul, l’ambassadeur de France en Turquie, Monsieur Charles Fries, célébrait la journée internationale de la francophonie devant une importante assemblée d’élèves de lycées francophones de Turquie et entouré de nombreux consuls de pays francophones tels la Suisse, la Belgique, le Canada et le Maroc.  

Dans son discours d’ouverture, M. Charles Fries a souligné avec quelques chiffres l’importance de la langue française à l’échelle internationale : « La langue française est la cinquième langue mondiale, la troisième langue des affaires et la deuxième langue d’informations étrangères ». Cette célébration annuelle qualifiée de « belle tradition » par M. Charles Fries est le meilleur moyen de mettre en exergue la richesse de la francophonie, sa diversité culturelle et les valeurs qu’elle transmet : « La francophonie n’est pas seulement une langue, elle incarne aussi des valeurs fortes et universellement partagées : la liberté, la démocratie, la justice, l’État de droits, la paix et le dialogue entre les cultures. »

Cette soirée fut également l’occasion de remettre le premier Prix des lycéens francophones de la Turquie, un projet lancé par l’ambassadeur M. Charles Fries en collaboration avec l’Institut Français.

Ce Prix s’adresse aux élèves des lycées francophones d’Ankara, d’Izmir et d’Istanbul. Pour sa première édition, neuf lycées ont répondu présents. Étaient donc en lice des élèves du lycée Saint Pulchérie, de Saint-Benoît, de Saint Michel, de Notre Dame de Sion, de Saint Joseph, de Pierre Loti, de Charles de Gaulle, mais aussi des lycéens de Tevfik Fikret d’Ankara et de Saint Joseph d’Izmir.

Le Prix a pour objectif de permettre aux élèves des lycées francophones de se rencontrer et de partager leur amour commun pour la langue et la littérature française. En effet, ce concours est l’occasion pour les participants des neuf lycées d’échanger et de débattre, mais aussi de se rapprocher de la littérature contemporaine française qui peut être négligée pour une littérature plus ancrée dans le temps et plus connue.

Le débat final a réuni, à l’Institut français d’Istanbul, 19 élèves (2 élèves par lycée) pour leur permettre de faire part de leurs opinions et leurs interprétations concernant deux livres, et ce devant un public qui sert aussi de jury. Il est très intéressant de voir les différents regards et les différents angles d’interprétation pour chaque livre. Ceci se ressent encore plus à travers les discussions que nous avons eues avec un des élèves présents. Nous avons ainsi rencontré Mert, un jeune élève de 17 ans dont la présence, sur scène ou durant le débat, est très impressionnante et qui dispose d’un esprit analytique très développé. Ce lycéen explique sa participation à ce concours par son amour de la littérature française, mais aussi par sa soif de découverte qui pour lui est le vrai moteur de ce genre de compétition : « découvrir un nouveau monde à travers le livre, découvrir de nouvelles personnes partageant la même passion pour la lecture que moi et finalement me découvrir moi-même à travers le livre et les autres ».

Ma présence à cet événement en tant que journaliste fut une vraie opportunité. Cela m’a aussi rappelé ma participation au concours de littérature « Le Plaisir de Lire », organisé par l’Institut français au Maroc, dont les termes ressemblent étroitement au « Prix des Lycéens Francophones de Turquie ». J’y ai remporté le premier prix, mais tout comme le prouvent les témoignages des participants turcs, le vrai gain pour moi était la découverte de nouvelles personnes partageant la même passion pour la littérature française et l’échange autour de thèmes communs à tous.

Marion Bresson, documentaliste au lycée Notre Dame de Sion, nous parle du déroulement du Prix des Lycéens Francophones de Turquie

Dès la proposition du projet par l’ambassadeur en juin 2016, les bibliothécaires des neuf lycées y ont été associés. Dans ce cadre, il y avait cinq livres à lire au niveau de tous les établissements. Ensuite, les élèves ont voté en ligne et les deux livres arrivés en tête de la liste (“Le terrible effaceur” de Benoît Broyart et “Si tu savais” de Marie-Sabine Roger) ont fait l’objet d’un débat entre les élèves qui représentaient les lycées participant. Ce débat a eu lieu vendredi17 mars à l’Institut Français d’Istanbul. A l’issue de ce débat le public présent dans la salle a voté pour choisir les deux élèves qui, grâce à leur présentation, ont été retenus comme les meilleurs orateurs.

Dans la matinée du 17 mars les élèves ont pu faire connaissance grâce à un travail en atelier où ils devaient en un temps limité réaliser une présentation des livres choisis.

Dans l’après-midi, lors du débat qui a duré plus d’une heure, il y a eu d’abord la présentation des livres avec de nombreuses pièces de théâtre et une présentation vidéo. Par la suite, les élèves ont répondu aux questions des modératrices et du public. Les élèves ne connaissant pas au préalable les questions, l’échange a été très spontané. Ainsi, les élèves devaient faire preuve d’inventivité et d’improvisation dans leur présentation et ils ont su le faire avec brio.

Le bilan de cette première édition est incontestablement positif malgré les difficultés techniques et logistiques pour lesquelles nous n’avions pas de visibilité. Nous avons avancé pas à pas et nous sommes vraiment fiers du résultat. Rappelons que ce projet a réunis pour la première fois tous les lycées francophones de Turquie.

Grâce à ce prix le livre gagnant sera traduit en langue turque et les deux élèves désignés par le public comme les meilleurs orateurs remporteront un séjour de deux semaines en France.

Youssra Gourram

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