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Quatre athlètes saoudiennes à Rio : polémique et compromis

À l’heure où le dopage d’un coureur olympique saoudien fait scandale, un autre événement est passé nettement plus inaperçu dans les médias.

Olympic Judo London 2012 (46 of 98)

La judoka saoudienne Wojdan Shaherkhani aux JO de Londres en 2012

Après la participation historique de deux sportives saoudiennes aux Jeux olympiques de Londres en 2012, plusieurs questions restaient en suspens. En premier lieu : le maintien de cette nouvelle initiative d’envoyer des femmes aux JO. Or, il semble que cette décision s’inscrira dans la durée au vu de la décision des autorités saoudiennes d’envoyer cette année quatre athlètes féminines à Rio. Si ce nombre peut encore sembler relativement faible, à titre de comparaison, la délégation masculine n’est composée que de sept athlètes.

Au total, quatre disciplines sont couvertes par cette décision : le judo avec Wujud Fahmi, l’escrime défendue par Lubna al-Omair, le 100 mètres pour Cariman Abu al-Jadail, et le 800 mètres couru pour la seconde fois à des Jeux olympiques par Sara al-Attar.

Cette avancée discrète n’a été que peu médiatisée dans le pays, signe d’une décision lourde de polémiques. Les heureuses élues ont été présentées après leurs homologues masculins et leurs noms ne figurent pas sur le communiqué officiel du Comité olympique saoudien.

L’Arabie saoudite est régulièrement épinglée par les ONG telles qu’Amnesty International pour ses lois restrictives à l’égard des droits des femmes. Cette décision témoigne donc tant de la volonté de montrer une ouverture de la condition féminine dans le pays que de la tentative d’apaiser les ultraconservateurs par des mesures de discrétion.

Un exemple flagrant de la portée symbolique des JO

Peu de prétentions en terme de performance sportive : les athlètes n’ont pas subi les qualifications ordinairement imposées aux candidats-es. L’invitation (wild cart) dont elles ont bénéficié témoigne en tout cas de l’empressement du Comité international olympique (CIO) à saisir chaque occasion d’ouverture du royaume wahhabite. Riyad a en effet exigé certaines garanties relatives à la loi islamique en vigueur dans le pays : athlètes entièrement couvertes, accord et présence aux Jeux de leur tuteur, respect des zones de non-mixité.

Ce traitement de faveur constitue une claire entorse au règlement du CIO, qui interdit toute démonstration religieuse pendant les Jeux. Le Comité s’illustre donc une nouvelle fois par une décision plus symbolique, voire politique, que sportive, mais la route semble encore longue pour les athlètes saoudiennes.

Zoé Lastennet. 

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