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Que retenir de l’accord du 20 février entre la Grèce et la Zone euro ?

Les ministres des Finances européens se sont mis d’accord vendredi 20 février sur une prolongation de quatre mois de leur plan d’aide à la Grèce, sous conditions. Point sur les négociations et le scénario envisageable.

LES MINISTRES DES FINANCES DE LA ZONE EURO À LA RECHERCHE D'UN COMPROMIS AVEC LA GRÈCE

Bien avant que la zone euro et la Grèce n’arrivent à faire aboutir leurs négociations vendredi dernier, il y a eu trois Eurogroupes en dix jours afin de préparer les éléments de base des négociations. En effet, ces trois sessions de réunions des ministres des Finances de la zone euro ont fait en sorte qu’il y ait, d’une part, un compromis entre la Grèce et la zone euro, et d’autre part, éviter un « Grexit », terme se composant des mots « Greece » et « Exit », désignant un retrait éventuel de la Grèce de la zone euro.

Athènes a obtenu une extension de quatre mois du programme d’assistance financière dont elle bénéficie depuis 2012, et qui arrivait à échéance le 28 février prochain, au lieu des six mois demandés par le nouveau gouvernement grec d’Alexis Tsipras. D’après Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l’Eurogroupe : « Quatre mois, c’est le délai approprié en termes de financement et compte tenu des défis à relever » par la Grèce. Aussi, il a ajouté que « la demande d’extension du programme devrait être soutenue par des engagements », soulignant qu’Athènes avait promis de ne pas revenir sur les mesures d’austérité engagées en accord avec l’Union européenne avant les élections qui ont porté le gouvernement de Tsipras au pouvoir le 25 janvier dernier. Il est à noter que le président de l’Eurogroupe a travaillé d’une façon considérable dans les coulisses afin d’éviter autant que faire se peut un « clash » entre Grecs et Allemands, d’autant plus que les relations entre les ministres des Finances des deux pays, Yanis Varoufakis et Wolfgang Schäuble, s’étaient nettement dégradées ces derniers jours.

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Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe.

Par ailleurs, concernant les négociations ayant eu lieu à Bruxelles le vendredi dernier, M. Dijsselbloem a déclaré : « Cette soirée était un moment important dans le processus de négociation avec Athènes, pour regagner la confiance. L’issue est vraiment positive. » Pierre Moscivici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, lui, s’est prononcé comme suit : « Créer la confiance, c’est ce qu’on essayait de faire ces trois dernières semaines, on commence à y arriver ». Pour Christine Lagarde, patronne du Fonds monétaire international, également présente à Bruxelles : « Cela a été laborieux, mais constructif ».

Quelles réformes ?

La Grèce devait présenter hier soir, avant minuit, sa liste des réformes. Toutefois, elle n’enverra sa liste définitive à Bruxelles qu’aujourd’hui en milieu de journée. Cette liste de réformes dites structurelles prioritaires devrait porter notamment sur la lutte contre la fraude fiscale ; la corruption ; et le fonctionnement de l’administration publique.

Les institutions européennes ainsi que les autorités de chaque pays constituant la zone euro devront approuver la poursuite de l’assistance financière à Athènes, selon leurs modalités respectives naturellement. Ces ratifications, soit dit en passant, devront intervenir avant le samedi 28 février prochain, date à laquelle le soutien financier acquis jusqu’alors par la Grèce prendra fin.

Une liste finalisée pour fin avril

Athènes devra soumettre, d’ici fin avril, une liste de réformes finalisée et plus détaillée afin d’être à même de bénéficier des quatre mois supplémentaires d’aide de la part de la zone euro. De plus, pour pouvoir se libérer de la tutelle à la fois de l’UE et du FMI, elle doit satisfaire à un examen de la mise en application concrète de ces réformes, et ce dans les prochains mois.

Une situation de gagnant-gagnant ?

En cette période post-accord (accord conclu vendredi dernier entre la zone euro et la Grèce), il semblerait que chacune des parties prenantes ait, relativement, pu y trouver son compte. En effet et en bref, d’un côté la zone euro est restée ferme sur la durée de l’assistance qu’elle accordera à la Grèce, et sur l’exigence d’engagement de la part de cette dernière, et, de l’autre côté, Athènes a réussi à obtenir un accord, et donc l’aide financière européenne qui en dépendait, mais aussi et plus important encore pour le nouveau gouvernement élu de Tsipras, une marge de manœuvres pour implémenter ses réformes.

Finalement, Pierre Moscovici résume le bilan de l’après-accord : « Il fallait être logique et pas idéologique. C’est un accord équilibré qui permet à la fois aux nouvelles autorités grecques de mettre en œuvre une partie des changements qu’ils souhaitaient, ce qui est naturel dans une démocratie, mais qui permet aussi de s’assurer que les engagements pris par l’Etat grec seront tenus ».

Sara Ben Lahbib

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