Art, Culture, Découverte

Rahmi Aksungur joue sur la perception des spectateurs avec ses sculptures à l’échelle trompeuse

Les sculptures de Rahmi Aksungur, célèbre artiste turc et ancien recteur de l’Université Mimar Sinan, sont à l’honneur jusqu’au 7 avril dans la galerie Evin Sanat, située dans le quartier stambouliote de Bebek.

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Des sculptures en bois et en résine façonnées pour présenter l’aspect d’une pomme, d’un poivron vert, d’une poire ; des natures mortes à l’échelle trompeuse, contemporaines et stylisées : ce sont les dernières œuvres de Rahmi Aksungur, l’un des sculpteurs les plus célèbres de Turquie, présentées dans la galerie Evin Sanat d’Istanbul. En augmentant le volume des fruits, l’artiste joue sur la perception du spectateur, dont l’esprit brouillé DSC_0609ne fait plus la différence pourtant évidente entre de simples fruits et légumes. À travers le jeu des couleurs vives et la taille démesurée de ses sculptures, l’artiste travaillant sur le volume et l’espace, a voulu donner vie à des éléments « reflets de la vie de tous les jours ». D’autres statues en bronze font un clin d’œil au mouvement Gezi de mai 2013. « Le mouvement de Gezi a eu des impacts différents sur chacun de nous. Chacun l’a interprété d’une manière différente. », précise l’artiste. Le modelage de son art peut prendre du temps, comme pour son poivron vert de 53 centimètres sur lequel il s’est penché pendant plus d’un mois. « Le travail de production de ces sculptures est considérablement dur et long », explique le sculpteur qui donne un aspect géométrique à ces fruits et légumes croqués sur les côtés.

Rahmi AksungurInterrogé par Aujourd’hui la Turquie sur la place de l’art et la culture en Turquie, l’artiste souligne l’importance de la mise en place de « lois incitatives » qui pourraient, selon lui, encourager le développement de l’art et de la culture. « Les galeries, les musées et les artistes doivent être complémentaires, ils constituent une force impulsive nécessaire au développement de la Turquie. Si chacune de ces structures est encouragée par des mesures incitatives, le développement de la société pourrait se vérifier sur les cinq prochaines années », souligne-t-il. Le sculpteur turc estime que la société « n’a pas encore pris conscience de l’importance des arts et de la culture » dans son pays.

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Diplômé en 1979 de l’Université de Mimar Sinan et du département de sculpture, Rahmi Aksungur a reçu plusieurs distinctions dans le domaine des sculptures et des arts avant de devenir, entre 2006 et 2010, le directeur de l’Université qui l’aura vu évoluer dans sa carrière d’artiste. Il est désormais professeur dans cette même université.

Aurore Cros

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