International, Société

De vives réactions au discours du président français face au Congrès à Versailles

Dans son discours, Emmanuel Macron est revenu sur son élection en affirmant notamment que « Les Français ont fait le choix d’un pays qui repart de l’avant, qui retrouve l’optimisme et l’espoir ». A noter que les députés, élus par le peuple, n’ont pas pu prendre la parole pour réagir à son discours.

Il a listé des mesures qui devraient marquer son quinquennat, comme la modification des règles de représentativité du Conseil économique social et environnemental, la suppression de la Cour de justice de la République et la levée de l’état d’urgence à l’automne (pour l’inscrire cela dit dans le droit commun…).

Surtout, il a explicité un certains nombres de mesures qui bouleverseront le Parlement. En plus de réduire le nombre de parlementaires d’un tiers par souci de « fluidité », il souhaite alléger le processus législatif et notamment la navette parlementaire ; au grand dam de bien des élus de l’opposition.

Afin de faire un geste après des législatives à l’abstention record, il propose à terme une dose de proportionnelle et s’adressera chaque année au Congrès. Il n’est pas certain que cela suffise à faire oublier ses positions particulières à l’égard du processus démocratique et du modèle français en tant que tel – fédéraliste européen, il souhaite davantage de décentralisation en France.

Une initiative critiquée

Cette initiative a été critiquée car inhabituelle. L’ordre républicain et constitutionnel aurait voulu un discours du Premier ministre en premier lieu, suivi d’un vote de confiance et éventuellement d’un discours du président. S’exprimer, en premier qui plus est, a renforcé les critiques de mégalomanie à son encontre.

L’énumération de mesures déjà annoncées pendant la campagne présidentielle a renforcé ce sentiment présent chez une partie des élus et des citoyens. Certains ont raillé cette initiative et beaucoup d’élus présents au Congrès écoutaient le discours les yeux mi clos et l’air perplexe et / ou ennuyé.

Plusieurs élus du PCF et la FI ont choisi de ne pas se rendre au Congrès afin de dénoncer ce qu’ils estiment être un coup de force politique d’un président aux tendances impériales. D’autres ont déserté à titre individuel, comme Luc Carvounas (PS), Yannick Jadot (EELV), Eric Ciotti (LR) et le pro-Macron Christophe Lagarde (UDI).

En parallèle du rassemblement des représentants du PCF devant l’hôtel de ville de Versailles, la France Insoumise a organisé un rassemblement place de la République à Paris. En plus de nombreux citoyens, des élus et cadres du mouvement étaient présents. Après une série de critiques sur ce qui a été annoncé par le chef de l’Etat, Jean-Luc Mélenchon a résumé la situation comme suit : « Les uns à Versailles, les autres place de la République : chacun dans son monde ».

K.A.

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