En 2018, la pollution atmosphérique a touché plus de la moitié des 81 provinces de la Turquie (56 %), selon un rapport de la Plateforme du droit à un air pur.

Kahramanmaraş, dans le sud du pays, est la province où la pollution de l’air a été la plus élevée en 2018. Elle est suivie par la province orientale d’Iğdır ainsi que par la province méridionale de Mersin.

Si en 2017 quatre provinces de Turquie disposaient d’un « air pur » selon les normes et les critères de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), on en compte plus qu’une en 2018, à savoir la province d’Ardahan, dans le nord-est du pays.

L’OMS rappelle que la pollution atmosphérique « représente un risque environnemental majeur pour la santé » dont les sources sont nombreuses et qui a engendré en 2016, selon les estimations, 4,2 millions de décès prématurés dans le monde.

Selon le rapport de la Plateforme, 51 574 personnes sont décédées à la suite de maladies liées à la pollution atmosphérique (AVC, cardiopathies, cancer du poumon, affections respiratoires, etc.) en Turquie en 2017, soit un nombre sept fois plus élevé que celui des accidents de la route au cours de la même année. Le rapport estime par ailleurs que si le niveau de pollution atmosphérique avait été réduit au niveau recommandé par l’OMS, 13 % de ces décès auraient pu être évités.

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La Plateforme du droit à un air pur, dont l’objectif est « de défendre le droit de vivre dans un environnement où l’air est pur et de protéger la santé publique contre la pollution atmosphérique, en particulier en raison des centrales au charbon existantes et prévues en Turquie », est composée de 16 organisations professionnelles et ONG qui travaillent sur la pollution atmosphérique et ses impacts sur la santé en Turquie depuis 2015. Parmi ses membres, on compte notamment la Fondation turque pour la lutte contre l’érosion des sols, la WWF, ou encore l’Association des spécialistes de la santé publique et la Société neurologique de Turquie.

La Prof. Dr. Çiğdem Çağlayan, la représentante de l’Association des spécialistes de la santé publique au sein de la Plateforme, a rappelé à l’occasion de la publication du rapport que l’air pollué est aussi dangereux que le tabagisme et qu’il n’y avait aucun moyen d’y échapper alors que « nous savons que la pollution atmosphérique joue un rôle très important dans le déclenchement des maladies pulmonaires et cardiaques ». Elle appelle ainsi les autorités publiques à œuvrer pour respecter les critères établis par l’OMS.

Camille Saulas

Environnement, Société

Vidéo Rapport : 56 % des provinces turques touchées par un niveau de pollution atmosphérique inquiétant

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