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Rassemblement mondial pour l’égalité entre les femmes et les hommes : la route est encore longue !

Le rassemblement mondial pour l’égalité entre les femmes et les hommes au travers du Forum Génération Égalité s’est achevé le 2 juillet 2021 à Paris. Outre des promesses majeures, il est déploré des inégalités persistantes, exacerbées par la crise sanitaire de la Covid-19 et dépeint une réalité plus qu’alarmante quant à la condition des femmes à travers le monde. 

Un rassemblement historique 

Le Forum Génération Égalité, qui a commencé en mars dernier à Mexico, n’est autre que la plus importante convention de l’ONU concernant l’égalité entre les femmes et les hommes à l’échelle internationale. 

En dépit des engagements ambitieux en la matière pris à Pékin en 1995, il a été déploré des inégalités persistantes, pire, des inégalités qui ne feraient que s’accroître dans certaines régions du monde, et la France ne fait guère exception. 

Des engagements prioritaires 

C’est à partir de ce constat qu’au cours de cette mobilisation internationale, la France a pris un certain nombre d’engagements sur des enjeux dits « prioritaires ». 

À ce titre, afin de garantir les droits et la santé sexuelle et reproductive des femmes ainsi que la liberté de disposer de leur corps, la France s’est engagée à y consacrer 100 millions d’euros supplémentaires sur cinq ans. L’État français a également décidé de prendre un nouvel engagement de 50 millions d’euros pour le Fond français MUSKOKAjusqu’en 2026 afin de faire reculer la mortalité infantile en Afrique de l’Ouest. Concernant l’éducation, Paris consacrera 333 millions d’euros au Partenariat mondial pour l’éducation afin de promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons à l’école. 

À l’occasion de ce Forum, la France a également réaffirmé son soutien aux journalistes, avocates, universitaires et militantes qui consacrent leur vie à se battre pour les libertés et les droits fondamentaux, notamment avec l’annonce de la mise en place d’un dispositif d’accueil pour les femmes et les hommes particulièrement menacés. 

Enfin, le processus parlementaire de ratification de la Convention 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail a également été lancé. 

Une régression due à la crise sanitaire ? 

Les inégalités se sont considérablement accrues depuis la crise sanitaire, la femme étant surreprésentée dans l’économie informelle la plus exposée à la Covid-19 et dans les professions incarnant les « vertus féminines », telles que le secteur administratif, la santé, le secteur social, le service à la personne ou l’éducation. 

En France, comme ailleurs, les femmes, socialement plus vulnérables et économiquement plus fragiles que les hommes, sont les grandes victimes de la crise sanitaire. Ceci est dû en partie à une augmentation considérable des violences sexuelles et domestiques liées aux confinements. Les inégalités préexistantes ont également conduit à des situations d’extrême pauvreté, les femmes, assumant la majeure partie des responsabilités familiales, gagnant moins et par conséquent épargnant moins. 

Ces propos méritent néanmoins d’être nuancés. En effet, la Covid-19 ne peut être tenue responsable de cette rupture d’égalité. Les inégalités de genre étant d’ordre structurel et le fruit d’une réalité culturelle vieille de plusieurs décennies, elles étaient donc antérieures à la crise sanitaire. Simone de Beauvoir avait d’ailleurs déclaré : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant ».

La pandémie ne peut pas et ne doit pas justifier la régression des droits et de la condition des femmes à travers le monde. 

Une révolution indispensable 

Le Forum Génération Égalité avait pour ambition de marquer l’Histoire en termes d’avancées concernant l’égalité entre les femmes et les hommes. Il aura surtout permis de mettre en avant l’évolution relativement lente des législations sur le sujet et le manque d’implication des États à cet égard. Il est désormais plus qu’urgent d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes et d’effectuer une véritable revalorisation des métiers à prédominance féminine. La fin d’une scotomisation permanente de la société et la nécessité d’une transformation culturelle par le biais d’une révolution positive est donc indispensable en France et à travers le monde. 

La route est encore longue, mais il convient de garder en tête, pour reprendre les termes d’Olympe de Gouges, que « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Les droits humains étant universels, inaliénables et intangibles, ils ne souffrent d’aucune exception liée au genre et ne peuvent être réduits pour une quelconque raison que ce soit. 

Dalila Achammami

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