International, Politique

RDC: le chef de la police de Kinshasa sanctionné par les Etats-Unis

Le général Célestin Kanyama se voit sanctionné par les Etats-Unis pour « violences contre les civils » et « enlèvements ».

DRC-_Child_Soldiers Le message du Trésor américain est clair: les Etats-Unis ne tolèrent pas les violences contre les civils. Le général Célestin Kanyama, commissaire de la Police nationale congolaise à Kinshasa, est accusé « d’être responsable ou complice d’actes de violences sur des femmes et des enfants ainsi que d’enlèvements ». Une trentaine de cas de disparitions « forcées » ont été en effet enregistrés. Les Etats-Unis ont annoncé hier des sanctions contre le chef de la police de Kinshasa ; Célestin Kanyama ne pourra plus accéder à ses avoirs basés aux Etats-Unis. Par ailleurs, « tous les citoyens américains ont interdiction d’effectuer des transactions avec lui », a annoncé le Trésor américain dans un communiqué.

Cette mesure est une manière indirecte pour les Etats-Unis de mettre de la pression sur le président de la République Démocratique du Congo et sur son entourage, dans l’objectif que celui-ci organise des élections présidentielles  dans les délais constitutionnels, soit avant la fin de son mandat, en décembre prochain. « Alors que le dernier mandat constitutionnel du président Kabila approche de sa fin, en décembre, le régime est engagé dans un schéma répressif, avec des arrestations d’opposants et la répression violente de manifestations politiques afin de d’éviter la programmation des élections nationales », explique le directeur du Bureau de contrôle des avoirs étrangers au département du Trésor.

Célestin Kanyama, alias Esprit de mort, est l’une des figures du pouvoir en République Démocratique du Congo. A 54 ans, il a déjà plusieurs fois été accusé par des organisations de défense des droits de l’Homme pour violations envers des civils. En effet, comme le rappelle le Trésor américain, « plus de 40 personnes ont été tuées […] dont au moins 20 par arme à feu et par les forces de sécurité » lors des manifestations de 2015

Le gouvernement kinois a répondu ce matin à ces sanctions, qu’il juge d’atteinte à la souveraineté du pays. « La RDC, condamne les mesures prises ce jour par le gouvernement des Etats-Unis. C’est une atteinte à notre souveraineté », a déclaré Barnabé Kikaya Bin Karubi, le conseiller diplomatique du président Kinois, Joseph Kabila. « Cela mettra en péril nos relations bilatérales », a-t-il ajouté.

Les deux pays ne sont pas sur la même longueur d’ondes. En RDC, le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, explique qu’il est « difficile » de respecter les délais électoraux. De leur côté, les Etats-Unis se disent « très préoccupés » par le retard dans les processus électoraux. En tout cas, ces sanctions sont les premières du genre pour un haut-fonctionnaire en République Démocratique du Congo. Le correspondant américain dans la région des Grands Lacs ne sait pas si d’autres sanctions suivront, mais si la situation évolue dans la mauvaise direction, « des conséquences suivront ». Affaire à suivre.

C.T

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