Art, Cinéma, Culture

Rencontre avec Atilla Dorsay autour de l’exposition « Efsaneler Ve Renkler »

A l’occasion de l’exposition « Efsaneler Ve Renkler » accueillie par le lycée Saint-Benoît, nous avons rencontré pour vous son auteur, Atilla Dorsay. L’exposition est tirée de son dernier livre son livre « 100 Portraits de Yeşilçam ».

ON1_6107[1]

L’exposition « Efsaneler Ve Renkler », organisée par La Galerie du lycée Saint Benoît a commencé en grande pompe le 22 novembre. Outre les nombreux journalistes et chaînes de télévision, la soirée de vernissage s’est déroulé sous le Haut Patronage de S.E l’Ambassadeur de France en Turquie, M. Charles Fries, et en présence du Consul général de France à Istanbul, Mme Muriel Domenach. Elle a été l’occasion pour lesnombreux invités de rencontrer les plus grands noms du cinéma turc : Türkan Şoray, Hülya Koçyiğit, Hale Soygazi, Selda Alkor, Lale Mansur, Derviş Zaim, Gülsen Tuncer, Engin Ayça, Füsun Demirel, Aram Gülyüz…

A l’occcasion de cette exposition, le critique de cinéma mondialement connu, également auteur et journaliste, a accepté de revenir avec nous sur sa carrière et sur ce que représente cette occasion très particulière, pour lui et pour le cinéma turc.

ON1_6477[1]

De gauche à droite : Atilla Dorsay, Nebahat Çehre, Muriel Domenach (Consul général de France à Istanbul), Pierre Gentric (directeur du Lycée Saint Benoît)

Cinquante ans de critiques cinématographiques

M. Dorsay nous confie que le cinéma est pour lui une véritable vocation, une « passion qui ­[le] dévore» depuis tout petit. Visiteur assidu des cinémas depuis son plus jeune âge, il nous explique qu’il a rédigé ses premières critiques « à l’âge de onze ou douze ans, dans de petits carnets» qu’il a conservé pendant toutes ces années. L’essor du technicolor, « véritable miracle pour un enfant », a renforcé ce lien particulier que M. Dorsay entretenait avec le grand écran.

C’est l’année qu’il a passée à Paris au début des années 1960, se souvient-il, qui l’ont conforté dans son ambition de devenir critique de cinéma. « Au moment où le cinéma mondial était en pleine révolution, j’ai pu voir tant les classiques que les meilleurs films du moment. C’était comme faire des études de cinématographie à la Sorbonne ! En rentrant à Istanbul, j’étais décidé à devenir critique ; et c’est ce que j’ai fait. »

Que de chemin parcouru pour cet architecte de formation désormais mondialement renommé, depuis la publication de ses premiers écrits dans le quotidien Cumhuriyet jusqu’à ses cinquante ans de carrière qu’il célèbrera en 2016. Toujours aussi passionné par son métier quand ses collègues de la même génération avouent leur lassitude, Atilla Dorsay écrit désormais pour le site d’informations en ligne t24. S’il regrette de ne plus écrire « sur du papier », il se félicite du succès du site, visité par près de 150 000 personnes par jour, nous confie-t-il fièrement. Qui plus est, internet a un avantage certain comparé à la presse écrite traditionnelle : « votre lecteur s’intéresse réellement à ce que vous écrivez ; dans un journal, il n’est pas sûr que votre article sera lu par la personne qui l’achète ».

ON1_6103[1]

Photographier les stars

En plus de ses activités littéraires, Atilla Dorsay est également « photographe de stars ». Après des débuts « modestes », dans les années 1970, avec le premier Festival de Cannes et des appareils photo bon marchés, la carrière photographique de l’artiste a connu un tournant avec l’acquisition de son premier appareil photo numérique. « Mes premières photos étaient affreuses, et puis après avoir résisté un certain temps, j’ai finalement cédé à la technologie en 2007. C’est là que j’ai commencé à prendre les choses au sérieux », nous raconte t-il avec humour.

Photographier les stars est un métier compliqué. « La plupart du temps, on vous bouscule, on vous gâche vos angles de vue… Il s’agit de prendre le maximum de clichés en un minimum de temps pour n’en garder qu’une ou deux. »

« L’idée de l’exposition « Efsaneler ve Renkler » est née en 2014. Il s’agissait au début de publier album photo à l’occasion du 100ème anniversaire du cinéma turc. Au bout de deux ans, le projet s’est finalement concrétisé, coïncidant avec la proposition du Lycée Saint Benoît, qui fête son 230ème anniversaire et commémorait le centenaire du cinéma turc. Bien sûr, bon nombre d’acteurs/trices et de métiers de ce domaine ne figurent pas dans ce livre ; mais je leur réserve le prochain tome. C’est mon cinquantième livre, coïncidence puisque je fêterai l’an prochain mes cinquante ans de carrière. C’est une occasion particulière. »

ON1_6116[1]

Atilla Dorsay et Türkan Şoray posant avec le dernier livre d’Atilla Dorsay « Cent portraits de Yesilçam »

Être ouvert et se cultiver : une philosophie de vie

Pour autant, il est capital pour cet amoureux de la vie de rester ouvert aux autres activités intellectuelles et de ne pas se renfermer une seule discipline. Ainsi, M. Dorsay nous parle de sa passion pour les musées, pour la musique populaire… C’est ce conseil qu’il donne aux jeunes : « dévorer la vie » et avoir des « hobbies » artistiques. On peut avoir un penchant pour les activités plus matérielles et matérialistes, mais « pour accéder à la crème de la vie, il faut absolument s’intéresser aux beaux-arts ». Il insiste également sur l’importance de se forger une culture générale solide, à l’heure où l’information de masse immédiatement accessible sur internet, raccourcit le raisonnement et la langue. « Dominer une langue et avoir un large spectre de vocabulaire, avoir un idéal – qu’il social, politique, artistique –, une approche personnelle du monde et de la vie… », telles sont les conditions que l’écrivain pose à l’épanouissement personnel.

L’exposition est à découvrir du 22 octobre au 30 novembre au lycée Saint-Benoît. En savoir plus sur  le site du Lycée Saint Benoît.

ON1_6110[1]

De gauche à droite : Muriel Domenach, Hale Soygazi, Atilla Dorsay, Lale Mansur.

ON1_6420[1]

Türkan Şoray et Hülya Koçyiğit

ON1_6105[1]

Coralie Forget

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *