Politique

Référendum : aucun gagnant, mais un Président avec les pleins de pouvoir

Dimanche 16 avril, les Turcs se sont rendus aux urnes dans le cadre du référendum sur les amendements de la Constitution. Après avoir dépouillé 99% des bulletins, le « oui » l’emporterait selon les résultats provisoires publiés par l’Agence Anatolie. Néanmoins, les partis d’opposition n’ont pas tardé à contester le résultat.

Courte victoire du « oui »

Ce dimanche, 55,3 millions de Turcs étaient appelés à se rendre aux urnes dans le cadre du septième référendum constitutionnel turc avant 17h00. Dès la fermeture des 171.751 bureaux de vote installés à travers le pays, le dépouillement des bulletins a commencé. Pour que les amendements de la Constitution soient adoptés, il était nécessaire que 51% des voix soient en faveur du « oui ».

Selon les derniers résultats provisoires, publiés par l’agence Anatolie, le « oui » l’emporterait avec 51,34% des suffrages. Une annonce qui a été confirmée dans la soirée par le Premier ministre turc, Binali Yıldırım.

En Allemagne, les Turcs ont voté en faveur du oui (63%), tout comme en France (64%). En revanche, aux États-Unis ce n’est pas moins de 82% des Turcs qui se sont prononcés contre la réforme constitutionnelle.

Istanbul, Ankara, Antalya et Izmir se rangent du côté du « non »

Dans les trois principales villes de Turquie – Istanbul, Ankara et Izmir -, ainsi que dans les régions littorales du pays, c’est le camp du « non » qui l’a remporté. Sans surprise, il en a été de même dans les régions à majorité kurdes du sud-est du pays.

À Istanbul, les stambouliotes ont protesté contre les résultats en frappant sur des casseroles de leurs balcons et de leurs fenêtres. Peu à peu, une partie des habitants sont sortis dans les rues, notamment à Kadiköy, pour manifester leur colère.

L’AKP se réjouit

Dimanche soir, bien que le référendum ne marque pas un plébiscite pour le Président turc, celui-ci s’est exprimé devant la presse de son palais présidentiel. Le chef de l’État a salué « un moment historique », avant d’ajouter que cette décision marquait « un changement très sérieux pour l’avenir de la Turquie ».

Recep Tayyip Erdoğan a félicité le peuple turc pour la victoire du « oui », mais aussi son Premier ministre, Devlet Bahçeli – le leader du MHP (Parti D’Action Nationaliste) -, et Büyük Birlik Partisi – le président du BBP (Parti de la Grande Unité). Enfin, il a appelé les pays étrangers à « respecter » le résultat du référendum.

Le Premier ministre a quant à lui tenu un discours depuis le quartier général de son parti, à Ankara. Les partisans de l’AKP qui y ont assisté ont alors laissé éclater leur joie.

Lever de bouclier de l’opposition

Mais les deux principaux partis d’opposition – le CHP et le HDP – ne l’entendent pas de cette oreille. Peu après l’annonce des premiers résultats, ces derniers ont dénoncé des « manipulations », invoquant des fraudes et des irrégularités.

L’objet de la colère : la décision de dernière minute, et en plein référendum, de la part du Haut-Conseil électoral turc (YSK) de valider les bulletins qui ne comportaient pas le sceau officiel du bureau de vote dans lequel ils avaient voté.

Les leaders des deux partis ont annoncé dans la soirée qu’ils feraient appel du résultat du scrutin.

Camille Saulas

 

1 Comment

  1. Simon

    Ont ne veut surtout pas des Turc en Europe, sinon la peste s’installera. La Turquie est un fléau !

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