International, Politique

Referundum Hongrois : une « victoire » relative pour le président hongrois

Une majorité écrasante des votants hongrois participant au référendum de dimanche dernier s’est exprimée contre la politique migratoire proposée par Bruxelles.orbanviktor_altPrès de 99,25 % d’entre eux ont soutenu depuis les urnes la position de leur Premier ministre Viktor Orban, selon lequel « Bruxelles ne pourra pas imposer sa volonté à la Hongrie », ainsi qu’il l’a déclaré à l’issue du vote. Une tentative de court-circuitage du plan européen de répartition de 160.000 demandeurs d’asile dans les États membres adopté par l’Union européenne un an auparavant – et que la Hongrie n’a pas encore appliqué à ce jour.

Un vote juridiquement illégal

Le gouvernement de Viktor Orban avait ainsi résumé la position de la majorité (majorité qualifiée par ailleurs de « populiste« ) face aux quotas imposés par l’UE l’an dernier : « Maintenant, c’est 1.300 migrants que l’on veut nous envoyer. Mais l’an prochain ? 10.000, 20.000 ? ». Budapest avait d’ailleurs demandé, en conséquence, l’annulation de cette décision européenne, fin 2015, de même que Bratislava (Slovaquie). Près d’un an après cette « mutinerie populiste » qui a fait grand bruit et qui a trouvé un écho particulier après le Brexit, le référendum hongrois de dimanche dernier pourrait donc donner un nouvel élan à une certaine vision de l’Europe, séculaire et individualiste.

Seul problème pour M. Orban : la Constitution hongroise demande un taux de participation d’au moins 50 % afin de valider juridiquement un vote. Avec une participation peinant à atteindre les 40% au scrutin de dimanche dernier, l’issue de ce vote devient ainsi impropre sur le plan juridique. Ce qui n’a pas empêché le Premier ministre hongrois d’exulter sur cette victoire en demi-teinte : « Un référendum valide est toujours mieux qu’un invalide, mais les conséquences juridiques seront les mêmes, avait-il prévenu en votant, le matin. Car nous avons promis que nous mettrons en œuvre la législation sur cette question ».

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, avait quant à lui alerter sur ce qu’il qualifiait de « jeu dangereux », à l’heure où plane le spectre d’une désintégration européenne. Le commissaire aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, avait quant à lui rappelé la valeur juridique supérieure de la Commission face aux nations, en soulignant la « responsabilité légale des états à appliquer les décisions prises » à l’échelle européenne.

Avec le « Non » hongrois, M. Orban n’a pour l’instant « que » 3,2 millions des citoyens derrière lui. À voir si le ferrement du populisme sera suffisant, au jour de votes plus cruciaux, à le maintenir au pouvoir, notamment lors du prochain scrutin présidentiel hongrois de 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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