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Les regards, reflets des émotions

Dans la salle d’exposition Ark Kultur, j’ai découvert de magnifiques photos de graines. La graphiste et photographe Lalehan Uysal souligne que cette exposition réunit deux choses qui lui sont très chères, à savoir la photo et les graines : « Je désire donner une nouvelle visibilité aux graines, car nous avons oublié qu’elles font partie intégrante de la nature. Elles sont l’essence de la vie. En Anatolie, les femmes nomades fabriquaient des colliers avec les graines qui les nourrissaient. Elles portaient ces ornements lorsqu’elles se rendaient sur de nouvelles terres ». Ses photos, qui n’ont nécessité ni filtres ni retouches, mais simplement une observation méticuleuse, étonnent puis attisent la curiosité des visiteurs de l’exposition. « Ainsi, grâce à l’esthétique de mes photos, les graines redeviennent visibles », explique l’artiste. En écoutant Lalehan Uysal parler de ces « sources de la vie », de ces « véritables trésors », j’observe dans ses yeux la passion.

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Comme chaque année, le programme du 47e Festival international de musique classique d’Istanbul organisé par la Fondation pour la culture et les arts (İKSV) fut remarquable. Parmi les lieux incontournables du festival, il est impossible de ne pas mentionner l’église Sainte-Irène, située dans le parc du palais de Topkapı. Cette église byzantine de plus de 900 ans qui dispose d’une incroyable acoustique n’ouvre ses portes aux visiteurs que lors de quelques concerts qui se déroulent dans le cadre de ce festival. Le 12 juin, c’est là qu’a eu lieu un concert de chants baroque avec la chorale Rias de Berlin qui, dirigée par le brillant chef Florian Helgath et accompagnée par des instruments de l’époque, a interprété les œuvres de Johann Sebastian Bach, Antonio Vivaldi et Georg Friedrich Haendel. Durant une heure, les chants ont donné une atmosphère magique à l’église. Dans les regards des choristes et de leur chef, on pouvait y voir l’enthousiasme.

Le 20 juin, à Saint-Irène, le Prix d’excellence du festival a été remis par Bülent Ezcacıbaşı, président du CA de l’İKSV, au grand violoniste et chef d’orchestre Yuri Bashmet. Par la suite, nous avons assisté à une première mondiale en écoutant la dernière œuvre d’Alexander Tchaïkovsky dédiée à Yuri Bashmet. L’altiste russe était accompagné par Les Solistes de Moscou dont il est le fondateur et le chef d’orchestre. À l’issue de ce concert inoubliable, les yeux de Yuri Bashmet, entouré de ses musiciens, étaient emplis de joie.

Le concert du 22 juin s’est déroulé dans la salle de congrès et d’exposition Lütfi Kırdar. Étaient réunies pour l’unique triple concerto de Beethoven trois étoiles montantes du monde musical : Valeriy Solokov (violon), Narek Haknazaryan (violoncelle) et Yulianna Avdeeva (piano). Le trio était accompagné par l’orchestre philharmonique de Borusan, conduit par Sascha Goetzel. À la fin du concert, le chef d’orchestre a félicité chaleureusement ses musiciens, on pouvait alors deviner la complicité dans leurs regards.

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Dimanche 23 juin, les Stambouliotes ont renouvelé leur confiance en Ekrem İmamoğlu. Le candidat du parti d’opposition (CHP) aux municipales d’Istanbul a obtenu 54,2 % des suffrages exprimés, soit le score le plus élevé pour une élection municipale à Istanbul depuis trente-cinq ans. Quelques heures après l’annonce des résultats, il est apparu sur les écrans de télévision. C’est une grande fierté qui transparaissait dans son regard.

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Depuis juin et l’attaque de deux pétroliers dans le golfe d’Oman, la tension entre Téhéran et Washington est à son comble. Les Américains ne cessent de pointer du doigt la responsabilité de l’Iran qui réfute tout. La présence militaire américaine ne cessant d’augmenter dans la région, la politique iranienne de Donald Trump devient chaque jour un peu plus dangereuse, car elle ouvre la voie à une guerre qui pourrait représenter un grand péril pour la région et la paix mondiale. Lorsque le président américain profère des menaces à l’égard de l’Iran, c’est de la folie qui émane de son regard.

Mireille Sadège, rédactrice en chef

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