Politique

Régime présidentiel : « Il faut transformer cette situation de facto en situation légale », Yıldırım

Dimanche dernier avait lieu à l’Aréna d’Ankara la convention extraordinaire de l’AKP [Parti de la justice et du développement] ayant pour objectif de désigner un nouveau chef de parti, et par extension un nouveau Premier ministre. Récapitulatif de cet événement politique marquant, et de ses implications pour la Constitution turque.

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Il faut dire que la convention ne présentait pas de véritable enjeu puisque l’ancien Ministre des Transports et des Communications, Binali Yıldırım, était l’unique candidat à briguer le poste de chef de l’AKP. Élu avec 1405 voix sur 1470, cette désignation survient après que l’ancien Premier ministre, Ahmet Davutoğlu, ait choisi de se retirer notamment à cause de divergences avec le Président turc.

D’ailleurs, c’est majoritairement grâce à sa proximité avec le Président et à leur vision commune, notamment concernant l’instauration d’un régime présidentiel, que Yıldırım a pris les reines de l’AKP.

Bien qu’officiellement, Yıldırım soit le chef du parti au pouvoir, la plupart des observateurs sont d’avis que la véritable figure de proue du parti au pouvoir demeure le Président actuel. Lors de la convention de dimanche, d’énormes affiches de celui-ci étaient placardées aux murs alors que des vidéos de ses accomplissements étaient diffusées, bien que sa fonction de Président implique une distance partisane.

« Mes liens légaux avec le parti ont peut-être été coupés le 27 août 2014 lorsque j’ai été élu Président, mais mes liens d’amour avec mon parti n’ont jamais été coupés et ne le seront jamais », a d’ailleurs martelé le Président. Abondant en ce sens, le ministre de la Justice, Bekir Bozdağ, a déclaré : « L’AKP n’a qu’un seul leader, notre Président Recep Tayyip Erdoğan. »

Si on aurait pu s’attendre à ce que le nouveau Premier ministre soit froissé par de telles déclarations, il s’est plutôt joint à cette hommage au Président en déclarant : « Nous le disons avec fierté, avec la tête haute, nous sommes les camarades d’Erdoğan. [Sa] passion est la notre, [sa] cause, la notre, [son] chemin, le notre »

Yıldırım a par ailleurs ajouté que sa priorité était l’adoption d’un régime présidentiel dans le but de « mettre fin à la confusion » et de légaliser une situation « de facto ».

Le nouveau Premier ministre devrait former son cabinet dans les prochaines heures. Si la réforme constitutionnelle devrait prendre plus de temps à être appliquée, il n’en demeure pas moins que la tâche du pouvoir sera grandement simplifiée grâce à la levée de l’immunité des parlementaires, adoptée vendredi dernier. En effet, puisque bon nombre des députés de l’opposition pourraient se voir poursuivis par la justice, l’AKP pourrait bien obtenir la majorité de deux tiers au Parlement nécessaire pour aller de l’avant avec le projet présidentiel.

Yasmine Mehdi 

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