International, Politique

Relations entre le Maroc et la Turquie : des acquis à consolider pour les deux parties

Dans le cadre des échanges bilatéraux qu’entretiennent les deux pays, Aujourd’hui la Turquie a rencontré l’ambassadeur de la Turquie au Maroc, M. Uğur Arıner. L’occasion de faire le point sur l’état des relations et les possibles avancées à mettre en place dans les années à venir.

Ugur Arıner

Que pensez-vous du Maroc ? Qu’est ce qui retient votre attention dans ce pays ?

Le Maroc est un pays géographiquement éloigné de la Turquie. Mais nous nous sommes rapprochés depuis une dizaine d’années. Ma première visite au Maroc remonte à 1987. A l’époque il y avait moins de bâtiments sur la corniche de Casablanca. Je redécouvre vingt-cinq ans plus tard que Casablanca et Tanger ont beaucoup changé. Rabat aussi mais dans une moindre mesure. J’ai vu d’emblée que Casablanca était devenue une métropole.
Vous savez, la Turquie et le Maroc se ressemblent sur certains points et diffèrent sur d’autres. Nous avons la Mer Noire alors que vous avez une magnifique côte atlantique. Nous avons la Méditerranée en commun. La côte méditerranéenne marocaine est très belle, je l’ai visité de Tétouan à Tanger et d’Al Hoceima à Oujda. Les autoroutes et les autres infrastructures sont d’excellente qualité. C’est un pays qui a un bel avenir devant lui et qui sera parmi les pays africains les plus prospères dans quelques années. L’harmonie entre le travail du gouvernement et celui de Sa Majesté le Roi est très intéressante et suscite mon admiration.

Quelle est l’image de la Turquie au Maroc ?

La Turquie n’est pas un pays modèle pour le Maroc, qui a son propre modèle, mais les Marocains apprécient la Turquie. Ils connaissent les grands progrès économiques réalisés par la Turquie et les défis qu’elle s’est fixée. Nous ambitionnons de devenir dans les prochaines années la dixième puissance économique mondiale, c’est un projet ambitieux mais qui en vaut la chandelle. Le Maroc suit de près l’évolution économique de la Turquie, il retient des points du modèle de développement turc pour les adapter à ses propres données et spécificités.

Pouvez-vous nous parler des relations politiques entre le Maroc et la Turquie ?

Les relations bilatérales sont pour le moment excellentes et la visite qu’a effectuée notre Premier ministre en juin dernier au Maroc dans le cadre de sa tournée nord-africaine l’illustre parfaitement. Ce fut une visite très fructueuse, notre Premier Ministre a été accueilli chaleureusement par le chef du gouvernement marocain M.Abdelilah Benkirane et par les membres du gouvernement. Après cette visite les relations bilatérales seront sûrement renforcées. Sa Majesté le Roi n’était malheureusement pas présente mais nous espérons que Sa Majesté effectuera bientôt une visite en Turquie.

Et qu’en est-il des échanges économiques entre les deux pays ?

Les relations économiques entre les deux pays sont bonnes. Cependant, l’accord de libre-échange penche en faveur de la Turquie. Les Marocains remettent cela en question et ont raison. Les entreprises turques obtiennent des appels d’offres au Maroc, puis une fois leur travail terminé, elles quittent le Maroc. Or, j’estime que ces entreprises devraient venir pour des investissements durables et ce dans un système gagnant-gagnant. Là encore il faut surmonter l’obstacle de la langue qui, il est vrai, fluidifie les échanges économiques et les accords. Par exemple, la côte méditerranéenne marocaine est magnifique et c’est le cas aussi pour la côte atlantique. Des sociétés de tourisme turques peuvent venir y investir et y construire de grands complexes comme à Antalya. Mais elles peuvent investir dans d’autres domaines aussi, comme celui de l’énergie solaire, des éoliennes…etc. Il y a de grands projets à Ouarzazate, le projet Annour par exemple, il est grandiose et peut pallier à tous les besoins énergétiques nationaux d’ici 2020. C’est un projet sur le long terme, très pertinent comme tant d’autres, le projet Tanger Med ou encore celui de la construction d’autoroutes, où des entreprises turques sont d’ailleurs impliquées.

En 2012, la Turquie est considérée comme la première destination de vacances pour les Marocains. La culture turque a une popularité croissante auprès des Marocains. Cependant, le nombre de ressortissants marocains en Turquie, à Istanbul pour ne citer qu’elle, reste très modeste et l’inverse est aussi vrai. Est-ce qu’on peut s’attendre à une augmentation de ces effectifs dans les années à venir ?

Le Maroc est un pays très agréable qui reste méconnu par une grande partie des Turcs. Ces derniers ne pensent pas souvent au Maroc comme destination touristique alors que les Marocains ont pu se faire une idée sur la Turquie et vont y passer leurs vacances. Des jeunes marocains étudient en Turquie, mais on trouve très peu de travailleurs marocains en Turquie. Les Turcs se heurtent au barrage de la langue. L’arabe et le français sont des langues peu parlées en Turquie tandis que l’anglais y est plus prédominant. La langue constitue un obstacle de taille quand on voyage.

Hind Al Aissi

4 Comments

  1. Ahmet Eray DAŞ

    Bonjour de Turquie… Merci beaucoup pour votre article,je voudrais dire les trucs les relations entre la Turquie et le Maroc peuvent se developper,incontestablement,il y a un fort relent de suspicion dans l’accord de libre-échange liant le Maroc à la Turquie.Du moins chez les acteurs économiques privés des deux pays. Au vu du potentiel du business en jeu, difficile de faire la fine bouche.

  2. mr

    Bonjour, As ssalam wa3alikoum,

    Notre religion, notre prophète (sws), et Allah azawajal.

    Voila ce qui nous lient incontestablement.

  3. gamal

    les relations maroc turquie :
    hier :supériorité de l’empire ottoman sur l’empire chérifien offensive turque à la frontière algérienne : avantage maroc
    aujourd’hui : accord de libre echange : avantage turquie (enseignes textiles ,autoroutes, plus de touristes marocains en turquie )
    demain : match en afrique : avantage turquie( grande puissance mondiale, arrivée en afrique avant le maroc)
    un modèle économique et culturel qui devrait en principe intéresser les politiciens et économistes marocains

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