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Rencontre entre Ankara et Moscou : restrictions levées, libre-échange et Syrie au cœur des discussions

Ce mercredi 3 mai, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est rendu à Sotchi pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Plusieurs questions ont été soulevées lors de cette rencontre, dont les restrictions entre les deux pays, un accord de libre-échange et des zones de désescalade en Syrie.C’est la cinquième fois que les deux hommes se rencontrent en l’espace de neuf mois. Après de longues discussions, Vladimir Poutine assure que les relations avec la Turquie sont restaurées. Les négociations ont abouti à la levée par Ankara des restrictions sur l’approvisionnement en blé russe. La Russie a pour sa part autorisé l’importation d’oignons turcs. À la suite des négociations, le vice-premier ministre russe Arkady Dvorkovich a déclaré : « Nous avons pris la décision de lever simultanément toutes les restrictions existantes entre la Turquie et la Russie mis à part la question des visas et celle des tomates. Cela entrera en vigueur le plus rapidement possible ».

La Turquie aurait d’ailleurs l’intention de conclure un accord de libre-échange avec la Russie, et ce le plus tôt possible. En effet, à la suite des déclarations de Vladimir Poutine, le ministre turc de l’Économie, Nihat Zeybekci, a annoncé à la télévision qu’un partenariat entre les deux pays aura lieu : « Après les négociations fructueuses d’hier, un nouveau partenariat avec la Russie prend sa source. Désormais, nous allons accélérer les relations entre la Turquie et l’Union économique eurasienne, ainsi que la signature de l’accord de libre-échange entre la Turquie et la Russie ».

Mais les deux dirigeants ont également abordé le sujet de Syrie, le président turc a soutenu l’initiative russe sur la création, pour trois mois renouvelables, de « zones de désescalade », c’est-à-dire des zones sécurisées en Syrie. Le but étant de renforcer le cessez-le-feu signé le 30 décembre 2016 et de favoriser le « retour volontaire des réfugiés » dans le pays, en guerre depuis 2011.

Au lendemain de leur rencontre, la Russie et l’Iran, alliés du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté ce jeudi 4 mai, à Astana (Kazakhstan), un accord portant sur la création de quatre de ces zones.  Les chefs de délégations des trois pays, présents à Astana, ont signé « un mémorandum sur la création de zones de désescalade en Syrie ». L’accord n’est en revanche signé ni par les émissaires du régime ni par les rebelles présents à Astana.

Les États-Unis, pays observateur dans les négociations d’Astana, ont pour leur part salué avec grande prudence cet accord, disant dans un communiqué « soutenir tout effort qui puisse véritablement réduire la violence en Syrie ».

Solène De Faria Conto

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