Société

Rencontres autour de la tolérance religieuse avec l’assemblée Trait d’Union

La semaine dernière était organisée dans la plaisante enceinte d’un restaurant de Beyoğlu une soirée-débat sur le thème – plus actuel que jamais en ces temps de grandes tensions – « Croyance & tolérance ». Invitée pour l’occasion, notre consœur, la journaliste et photographe indépendante Nathalie Ritzmann, est revenue sur sa propre expérience riche en rencontres et en enseignements. Une soirée-débat qui fut également l’opportunité d’aller à la rencontre de son instigateur : la jeune mais dynamique association Trait d’Union.

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C’est dans le cadre privilégié du restaurant Ponte, dont la position avantageuse au 7ème étage d’un bâtiment de la célèbre avenue Istiklal s’accompagne d’une vue imprenable sur le Bosphore et la rive asiatique, que nous étions rassemblés pour échanger sur les concepts de foi, de spiritualité, mais aussi et surtout de respect. La compagnie, entre autres, de deux Sœurs de Saint Vincent de Paul (aussi appelées Filles de la Charité), de musulmans pratiquants, ou encore du Père Lazare, membre du patriarcat orthodoxe, assurait un climat œcuménique. Cela dit, les agnostiques et athées n’étaient pas en reste non plus.

Renaissance spirituelle

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Nathalie Ritzmann

Après un discours de bienvenue de l’avocat Ahmet Kiraz, responsable de l’association Trait d’Union à l’initiative de cette soirée, pour qui en Turquie « la tolérance n’est pas trop d’actualité » ce qui fait d’elle « une question qui à notre sens devait évoquée », l’invitée Nathalie Ritzmann, Franco-Turque tant de cœur que de passeports, commence son récit : « Je suis née une deuxième fois il y a un peu plus de 11 ans. La Turquie m’a vraiment tendu ses bras et ouvert ses portes. »

« Je suis catholique et je suis baptisée, mais quand je suis arrivée en Turquie j’étais athée depuis déjà de nombreuses années. Je suis revenue à la croyance et à la tolérance ici. », nous raconte-t-elle avant de revenir sur sa rencontre déterminante, par l’intermédiaire d’un ami, avec deux Mevlevis lors d’un iftar donné pendant le mois de ramadan à la mosquée de Şişli. Pour la Mulhousienne, qui se remémore une cérémonie de Sema (la danse sacrée des derviches tourneurs) donnée à l’église Saint-Louis-des-Français dans l’enceinte du Palais de France, lors de la soirée de prière commune qui clôture la semaine des rencontres d’Assises annuelle à Istanbul, c’est le point de départ d’une plongée dans un monde d’harmonie et de profond respect entre confessions : « Les Dominicains, les Franciscains, et les mevlevis de confession musulmane font déjà du dialogue inter-religieux. »

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« Souvent on a peur de ce qu’on ne connaît pas. La Turquie c’est aussi un pays de paradoxes. Il y a à la fois de plus en plus de violences, mais aussi de plus en plus de recherches, d’avancées. La tolérance est avant tout une obligation morale avant d’être religieuse. », observe cette Turque d’adoption avant de conclure avec cette phrase, pleine d’humilité, qu’avait prononcée un ami curé, membre d’un groupe de dialogue inter-religieux en Alsace, après avoir assisté à une congrégation œcuménique en Turquie : « Je crois qu’il faut que je change de lunettes. »

Un trait d’union pour les Franco-Turcs stambouliotes

 trait_d_unionÀ l’origine de cette soirée, l’association Trait d’Union, qui se définit comme une assemblée des Franco-Turcs d’Istanbul. Fondé en septembre 2014, ce groupe de discussion et d’initiatives, vient de déposer une demande auprès du Consulat de France afin de devenir une association franco-turque de droit français reconnue par les institutions de la République. Conçue pour définir et développer les spécificités des Franco-Turcs d’Istanbul et de Turquie, elle ne se veut cependant pas élitiste en se déclarant également ouverte aux Français turcophiles comme aux Turcs francophiles. « L’association fonctionne en autofinancement, on est tous bénévoles », nous explique Murat Poyraz, son trésorier, qui nous apprend également que l’adhésion annuelle revient à vingt euros.

Pour Jülide Yaşar-Soncu, la présidente de l’association, il s’agit avant tout d’un lieu de rencontres : « Nous ne faisons pas de soirée networking. Ce n’est pas un réseau. On se rencontre une fois par mois, généralement le troisième jeudi du mois, pour discuter. L’objectif est d’avoir au moins un groupe fondé. » Pour cette chef d’entreprise née en France mais installée voilà une dizaine d’année au pays de ses parents, le temps était en effet venu de mettre en place une structure pour les Franco-Turcs d’Istanbul, désormais les premiers représentants de la communauté française de la mégapole. Plus qu’un simple groupe de rencontre, l’association Trait d’Union nourrit également l’ambition d’offrir conseils et assistances, à l’image du rapport sur le service militaire des Franco-Turcs sur lequel elle planche actuellement.

Le thème de la soirée faisait écho à celui de la rencontre du mois précédent, organisée suite aux attentats contre Charlie Hebdo, qui interrogeait : « la liberté d’expression a-t-elle des limites ? » Pour la réunion du mois de mars, Jülide Yaşar-Soncu prophétise une thématique en lien avec la journée de la femme.

La page facebook de l’association :

https://www.facebook.com/francoturcsistanbul?fref=ts

Le blog de Nathalie Ritzmann :

http://www.dubretzelausimit.com/

2 Comments

  1. chahine fahim

    bon courage pour la suite, et pendant ma visite en Turquie je remraquais moin de femme turcs avec un foulard que chez nous en France.

  2. Bien évidemment la tolérance !
    Elle devrait être évidente. Universelle !
    Elle ne devrait même plus faire l’objet d’un quelconque débat.

    Mais pourquoi l’attendre toujours des citoyens quand leurs instances politiques – et le gouvernement turc a là de quoi réfléchir !!! -, ne met pas ce concept si simple en réelle pratique ?

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