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Reprise de Mossoul : une armée hétéroclite pour un futur incertain

La bataille pour Mossoul, deuxième capitale d’Irak, a été officiellement lancée il y a deux jours, après une préparation de plus d’un an par les acteurs de ce conflit. Les forces en présence, composées de milices chiites irakiennes et iraniennes, kurdes, chrétiennes ou encore l’armée turque, étonnent de par leur diversité, alors que ces combattants au sol seront soutenus par des frappes aériennes françaises et américaines. Face à une telle variété de troupes au sol, « l’après-Mossoul » reste tout à fait incertain.mossoulUne énième libération de Mossoul, et après ?

Début 2015 déjà, les pertes de positions de l’EI en Irak laissaient entendre une reprise imminente de Mossoul. De par la diversité des acteurs du conflit et peut-être aussi par souci d’efficacité et de coordination, l’assaut sur Mossoul aura été repoussé sur plus d’un an et demi. Annoncé au printemps 2015 par les États-Unis, il aura finalement fallu attendre le 17 octobre dernier pour que l’assaut soit lancé. Les médias étaient bien évidemment présents au rendez-vous, CNN America présentant même un live du lancement des opérations, avec interview des aviateurs français participant aux opérations. Rien d’aussi spectaculaire cette fois, dans le show médiatique, que dans la guerre d’Irak de 2003. Les codes ont changé, et avec eux les stratégies du géant américain dans la région, appuyé par une diversité d’alliés.

Car la reprise de Mossoul ne sera pas l’affaire d’une vague semaine, comme lors de l’offensive terrestre et aérienne américaine sur Bagdad de 2003, mais pourrait bien prendre plusieurs mois. Elle ne sera pas non plus l’affaire d’une armée, comme il a été dit, mais celle d’une multitude de milices de combattants soutenues par trois armées régulières (turque et américaine au sol et pour l’aviation, française pour l’aviation seulement). Les tensions avérées entre Bagdad et Ankara pourraient à titre d’exemple compliquer la coordination des opérations.

Il est également important d’observer que la nature même de l’ennemi commun à cette coalition hétéroclite, l’organisation État Islamique, présente également des problèmes pratiques. Bien qu’en infériorité numérique face à cette très large coalition de plus de 30.000 hommes, les combattants de Daech pourraient facilement se mêler à la population de la ville où plus de 1 million de civils vivent encore à l’heure actuelle.

Aux milices et aux acteurs membres de la coalition anti-EI faudrait-il encore multiplier les intérêts personnels et parfois divergents, de chacun, comme autant de scénarios possibles suivant la reconquête de Mossoul.

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