Gastronomie

Restaurant Beyti : on est au septième ciel !

beyti

Il est des lieux à Istanbul où l’on échappe au trafic routier, au concert permanent des klaxons utilisés, à tort et à travers, et au flot humain empressé. Ce havre de paix se trouve dans le quartier de Florya, chez Beyti plus précisément. Un restaurant où l’on peut prendre le temps de vivre et de bien manger. Avec ses trois mille mètres carrés, comprenant deux terrasses et ses onze salons, l’imposante architecture du restaurant suggère une villa de luxe. L’entrée, aux palmiers et fontaines à débordement de part et d’autre, nous plonge immédiatement dans une atmosphère voluptueuse et exotique.

LI XIANNIAN, RICHARD NIXON, JIMMY CARTER, JACQUES CHIRAC, BILL CLINTON, JOHNNY HALLYDAY, SYLVIE VARTAN… BEYTI Y A ACCUEILLI DES PERSONNALITÉS DES PLUS NOTOIRES

beyti gulerBeyti Güler, fondateur du restaurant éponyme, est en train de raccompagner un couple, poignées de main et accolades chaleureuses, ces derniers repartent heureux, avec un grand sourire. Trois jeunes hommes qui partaient également ont attendu exprès pour pouvoir serrer la main de Beyti et le remercier vivement. Au-dessus de la porte d’entrée trône le blason de la Chaîne des Rôtisseurs, association gastronomique internationale depuis 1950, qui reprend l’esprit de la Confrérie des Rôtisseurs existant depuis 1248 et s’attache à cultiver l’art culinaire et les exigences élevées de la « Table Royale ». Élu, en 1989, deuxième meilleur restaurant parmi cinquante rôtisseurs à travers cinquante pays dans le monde, Beyti est, de surcroît, membre d’Honneur du Baillage de Turquie de la Confrérie de la Chaîne des Rôtisseurs.

Une fois le seuil de porte passé, le visiteur traverse un long couloir où foisonnent les photographies de Beyti accompagné de nombreuses personnalités, les plus notoires : Li Xiannian, Richard Nixon, Jimmy Carter, Jacques Chirac, Bill Clinton, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, etc. Sont également exposées, dans cette pièce que l’on pourrait appeler en quelque sorte le “Musée Beyti“, des lettres de remerciements qui vantent la cuisine Beyti et de nombreux cadeaux de toutes sortes envoyés par les habitués.

“PERSONNE NE SORT FRUSTRÉ DE CE RESTAURANT”

“Ici, tout est fait maison ! De A à Z” précise Beyti pendant la visite des cuisines. Et quand il dit tout, il pèse ses mots ! Des fleurs posées sur la table (élevées dans une serre privée mitoyenne au restaurant), en passant par l’entretien des serviettes et nappes Vakko, jusqu’à la préparation des baklavas. Ceci dans le but d’avoir une maîtrise complète du résultat et proposer ainsi aux clients un service irréprochable — On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le restaurateur refuse toute sous-traitance car selon lui cela se transforme rapidement en vecteur de déception : “Personne ne sort frustré de ce restaurant” assure-t-il. Si un produit ne convient pas aux cuisiniers, il ne sera pas servi. Il n’y a aucune chance d’avoir un aliment altéré ou abîmé ou encore périmé. Cette volonté de perfectionnisme l’a poussé jusqu’à produire sa propre moutarde !

L’infrastructure déployée pour les cuisines, les nombreuses chambres froides où sont stockés les produits frais rappelle le Marché de Rungis en version miniature. Les viandes et légumes proviennent, bien évidemment, d’enseignes de confiance et de qualité qui fournissent Beyti depuis de nombreuses années. Sur les murs de la cuisine, une photographie de Beyti surplombe les bouchers, on y aperçoit ce dernier en train de préparer une viande. La cuisine et lui c’est une vraie histoire d’amour. En plus d’être présent tous les jours, à toute heure, dans son restaurant, Beyti n’hésite pas à mettre la main à pâte. Juste à côté, on peut lire une charte de loyauté qui insiste sur l’importance des cuisiniers dans le résultat final des préparations et plats puis souligne le besoin d’une relation honnête avec le client pour lui apporter le meilleur.

CETTE VOLONTÉ DE PERFECTIONNISME L’A POUSSÉ JUSQU’À PRODUIRE SA PROPRE MOUTARDE !

Beyti s’engage sur tous les fronts, y compris pour la décoration. Notre hôte a pris le soin de choisir lui-même les porcelaines, les rideaux et les tableaux qui représentent les anciens paysages et la culture turque dans chaque recoin. En dépit des onze salons, privatisables à souhait pour des groupes, on sent une chaleur humaine, on se croirait même à la maison notamment grâce à l’omniprésence des tapis et la lumière tamisée.

Assis en terrasse, le serveur recommande un vin turc Kavaklidere, Öküzgözü 2008. Fruité et équilibré, ce vin rouge est vraiment surprenant en bouche puis s’est révélé un excellent choix pour accompagner le döner kebab et les différentes grillades. Photos-0269 En tant que dijonnais de naissance, je me devais de tester cette curieuse moutarde de Beyti qui après dégustation, laisse franchement à désirer la vraie moutarde de Dijon… Les assiettes s’enchaînent, se suivent et c’est à chaque fois une agréable surprise pour les yeux et les papilles. A noter que les serveurs ne sont pas à l’empressement pour débarrasser votre assiette et laissent le temps de manger “intelligemment”. Présentation soignée des feuilletés et mezzés, les plats sont d’une finesse et l’on ressent la fraîcheur des ingrédients. La terrasse offre une vue sur jardin où le calme et la tranquillité sont absolus. Bercé de temps à autre par les réacteurs des avions en train de décoller qui illustrent, à la manière d’une bise, le plaisir et l’invitation au voyage lorsque l’on déguste une bouchée de köfte… On termine le repas avec de divins baklava accompagnés de kaymak faite maison puis enfin un café turc. On est au septième ciel !

Daniel Latif

3 Comments

  1. Taner

    Et les prix font ils redescendrent les clients lambdas sur terre ?

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