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Rio, du rêve au cauchemar

A moins de deux mois des Jeux olympiques, la situation à Rio apparaît plus que préoccupante. Face au poids des dépenses liées à la compétition, le gouverneur de l’Etat a déclaré ce mardi l’Etat de calamité publique.Praia_de_Copacabana_-_Rio_de_Janeiro,_Brasil

Francisco Dornelles, gouverneur par intérim, s’est exprimé sur la situation économique et sociale désastreuse de l’Etat.

Le gouvernement fédéral à Brasília vient ainsi d’accorder une aide d’environ 2.9 milliards de reais (750 millions d’euros) au gouvernement de Rio, pour que celui-ci puisse mener à bien les différents projets jusqu’aux Jeux olympique le 5 Août prochain. Cette rallonge budgétaire doit encore être ratifiée par le Congrès.

La ligne 4 de métro n’est toujours pas finie. Celle-ci doit relier la plage d’Ipanema au village Olympique, cependant malgré les promesses elle pourrait ne pas être terminée avant les jeux.
Le gouvernement de la deuxième plus grosse ville du pays à déclaré « ne pas être en mesure d’honorer ses engagements financiers en vue des Jeux Olympiques ».
Déjà en mai, l’Etat a du différer la somme de 8 millions de reais dû à l’Agence française de développement (AFD), qui avait accordé des 2011 un prêt à l’Etat pour que celui-ci entame les travaux dans la perspective d’Août 2016.

Au delà de la crise économique et financière qui frappe l’Etat, une crise sociale est entrain de s’affirmer comme tout aussi préoccupante.
Les enseignants sont en grève, les fonctionnaires sont pour beaucoup payés en retard, et les conditions de vie dans les hôpitaux apparaissent insalubres, selon des témoignages de malades.

La population est en colère, et elle le fait savoir. Celle-ci dénonce une fois de plus l’élite politique brésilienne, qui risque de s’enrichir avec les primes délivrées grâce à la compétition.
De l’autre coté, les services publiques s’effondrent face au coût trop élevé des jeux, deux fois plus chers que ceux de Londres en 2012.

Le gouverneur par intérim prévoit un « effondrement imminent » de « la santé, l’éducation, la mobilité, la sécurité publique et la gestion environnementale »
Cette crise économique provoque un effet dominos. Après le déblocage monétaire accordé au gouvernement de Rio, plusieurs Etats endettés (Minas Gerais; Rio Grande do Sul) ont demandé les mêmes faveurs que pour Rio.

Michel Temer, l’actuel président par interim de la République fédérative du Brésil, devra prendre des décisions importantes d’ici le 5 Août.

La « Cité Merveilleuse » apparaît aujourd’hui comme un cadeau empoisonné, les rêves de grandeur laissent place à la désillusion, dans un contexte tendu marqué par d’autres complications telles que le virus Zika ou encore l’insécurité croissante.

Tom Crance

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