Economie, International

Les risques d’un Brexit sans accord pour la Turquie

Alors que l’option d’un Brexit sans accord semblait se profiler depuis quelques semaines, notamment depuis l’arrivée de Boris Johnson, adepte du « no deal », au pouvoir fin juillet, la balance semble s’être inversée depuis quelques jours. En effet, l’actuel Premier ministre britannique a subi plusieurs revers à quelques jours d’intervalles rendant incertaine l’issue de ce débat qui dure maintenant depuis près de trois ans.

Semaine compliquée pour Boris Johnson

La semaine fut longue pour l’ancien maire de Londres. Mardi dernier, M. Johnson perdait la majorité absolue après la défection d’un élu conservateur. Le lendemain, il a été désavoué par une majorité de députés à la Chambre des Communes qui a adopté une motion visant à obtenir un report du Brexit en cas de no deal, prévu le 31 octobre. Le texte a réuni les députés de l’opposition, mais également 21 députés conservateurs « rebelles » ne souhaitant pas une sortie de l’Union européenne (UE) sans accord.

Quel pourrait être l’impact d’un Brexit sans accord pour la Turquie ?

Si autant de députés sont hostiles à la sortie de l’UE sans compromis et négociations avec cette dernière, c’est que les conséquences pourraient être conséquentes notamment sur le plan économique.

Conséquences désastreuses pour le Royaume-Uni, mais également pour ses partenaires majeurs comme la Turquie. En effet, les exportations de la Turquie vers le Royaume-Uni devraient chuter de 2,4 à 3 milliards de dollars dans l’éventualité d’un Brexit sans accord, a déclaré la ministre turque du Commerce, Ruhsar Pekcan, le 4 septembre.

Selon Mme Pekcan, le risque est que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays soit affecté, d’autant plus que le Royaume-Uni et la Turquie entretiennent des liens économiques et commerciaux majeurs, le Royaume-Uni étant l’un des plus importants partenaires du commerce extérieur de la Turquie et la deuxième destination de ses exportations.

« Nous pensons que les secteurs les plus touchés seront l’automobile, avec une perte commerciale pouvant atteindre 1,2 milliard de dollars, ainsi que le textile avec 1,3 milliard de dollars (de perte éventuelle) ».

On comprend alors aisément l’importance d’une issue autre que celle d’un Brexit sans accord pour les Britanniques et les Turcs.

Néanmoins, pour la ministre turque, les échanges commerciaux entre les deux pays devraient continuer même en cas de hard Brexit.

« Nous pouvons coopérer dans les technologies, telles que les technologies de l’information, les logiciels, les chaînes de blocs, les mégadonnées et l’intelligence artificielle. Notre objectif est d’accroître la part de la haute technologie dans nos exportations à plus de 3 % », a déclaré Mme Pekcan.

Il n’empêche qu’un Brexit sans accord laisserait un grand nombre d’entreprises turques en difficultés.

Victor Mottin

 

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