Sport, Tennis

Roland Garros : à cor et à cris

Si Roland Garros est bien connu pour ses matchs du grand Chelem et son public motivé, il y a un élément qui ne peut échapper à personne. Parmi le bruit des applaudissements et des sifflements, se mêlent des bruitages des plus sulfureux. Au-delà des soubresauts des arbitres de lignes qui beuglent un indescriptible : « BWWOOOHHL » — tels des zombies dans Resident Evil venant de sortir de leur torpeur — pour signifier la double faute, il est une douce mélodie qui rythme, berce ou agace chaque année le public. Ce dernier assiste ainsi à un véritable concert cacophonique de gémissements, feulements et râles des plus jouissifs ou des plus déconcertants.

SI LE SPORT À SES TÉNORS, LE TENNIS A SES CANTATRICES

Personne n’échappe à la règle. Joueurs comme joueuses s’adonnent à ce fantasque jeu qui sert à les motiver, mais également à déconcentrer l’adversaire, de quoi rester bouche bée.
Ces bruits dignes des plus grandes scènes de films érotiques et des plus grands chanteurs d’opéra, apparaissent désormais comme la marque de fabrique du tennis. Si le sport a ses ténors, le tennis a ses cantatrices .

Lors de cette quatrième journée le raffut sur les courts de tennis était à son paroxysme. Paradoxal pour un sport qui se veut des plus silencieux avec une éthique irréprochable. Laclos aurait sans doute trouvé l’inspiration pour l’écriture de ses romans libertins en loges, au risque d’y entretenir des Liaisons dangereuses.

DE LANGOUREUX ÉCHANGES VERBAUX

C’est à gorge déployée que cet après-midi les joueurs se sont livrés à de multiples échanges verbaux. Et pour cause, Rafael Nadal a littéralement englouti son adversaire Robin Haase 6-1 / 6-4/ 6-3, évidemment à coup de raquette cinglantes mais également par des gémissements qui en ont fait frémir plus d’un. Une attitude décriée mais dont la tonalité est digne des plus grands Soprano.

Du côté féminin, les fantasmes les plus fous sont mis à l’honneur. L’on pensait Maria Sharapova indétrônable, mais il semblerait que Simona Halep ait repris le flambeau. En effet, par ses cris perçants, frôlant ceux de Bianca Castafiore ou d’un animal égorgé, la joueuse roumaine a donné du coffre et s’est imposée face à Jana Cepelova : 6-2 / 6-3.

Ainsi, ces corps en sueurs qui ondulent et se pressent sur le court apparaissent comme des plus fantasmatiques et fantasmagoriques, de quoi faire crier grâce au public !

Daniel Latif
Photos : Jan McIntyre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *