Culture, Découverte, Société

Les romanciers français en Turquie

Les grands quotidiens évoquaient récemment les livres de la rentrée : le nombre de romans programmé s’élève à 581 romans et affiche une légère hausse par rapport à l’année dernière (560 en 2016). Mais la rentrée littéraire 2017 fait la part belle aux romans français (390 contre 363 l’an dernier). Le nombre de romans publiés tous les ans en France est impressionnant, mais combien sont-ils à être traduits notamment en turc ?En mai dernier, lors de la cérémonie de remise du Prix Littéraire Notre-Dame de Sion, Éric Soulier, Directeur de l’Institut français en Turquie, déclarait : « En 2016, deux livres français se sont classés parmi les 20 auteurs les plus vendus en Turquie. L’un est une nouvelle traduction du ‘Petit Prince’ d’Antoine de Saint Exupéry (en 2ème position derrière Orhan Pamuk), et l’autre est ‘L’Étranger’ d’Albert Camus (en 5ème position). L’intérêt de la Turquie pour la littérature classique est connu… La Turquie se classe au 11ème rang en matière de cessions de droits d’ouvrages d’auteurs français » .

En effet, durant les deux dernières années, plus de 240 livres ont été traduits du français au turc sans compter l’édition jeunesse.

Mais lorsque l’on regarde de près, on se rend compte que la majorité des traductions concerne d’abord les classiques de la littéraire française : Victor Hugo, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Albert Camus, Émile Zola, Arthur Rimbaud… Puis arrivent les livres de sciences humaines où l’on retrouve de grands noms tels que Diderot, Derrida, Bourdieu, Jean-Jacques Rousseau, Émile Durkheim, Alain Fournier, Deleuze et bien d’autres. Finalement, l’auteur le plus vendu est Marc Levy. Mais le constat qui étonne le plus c’est certainement la faible présence des romanciers notamment des jeunes auteurs. Lorsque j’ai interrogé quelques grandes maisons d’édition en Turquie à ce sujet, leur réponse a été : « le public ne s’intéresse pas à eux et ne les lit pas  ». Mais pour le professeur Nami Baser ce sont plutôt les maisons d’édition qui ne manifestent pas d’intérêt envers les nouveaux talents parmi les romanciers français ou francophones. Ainsi, ce sont les écrivains les plus connus qui sont privilégiés au détriment de premiers romans. Enfin, toujours d’après Nami Başer, nous traversons actuellement une époque où les livres de philosophie, de sociologie et de politique se vendent davantage que la littérature.

Les maisons d’édition ne faisant pas preuve d’audace par rapport aux nouveautés littéraires, c’est à la France de promouvoir ses romanciers, car si les Turcs n’entendent pas parler de ces derniers, jamais ils ne pourront les lire. Et ce serait bien dommage.

Mireille Sadège, Rédactrice en chef

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