Découverte, Gastronomie

La Rose : un trésor pour la cuisine turque… mais pas seulement

Telle une des perles les plus précieuses de la richesse culinaire du pays, la rose est un condiment incontournable dans tous les plats, toutes les préparations salées ou sucrées des plus grands chefs de la gastronomie turque. Majestueuse, la rose n’a cessé de côtoyer la vie quotidienne des Hommes depuis l’Antiquité. Symbole de perfection, elle est l’orgueil des chefs culinaires turcs qui en ont fait leur favorite. A l’instar des poètes pour qui cette fleur est source d’inspiration, les cuisiniers de Turquie ont su l’apprivoiser pour en faire rejaillir sa beauté naturelle et ses pouvoirs improbables. Aujourd’hui, même le monde de la cosmétique veut entrer dans la danse et s’enivrer des précieux parfums de la rose.

Rose

La plus belle et la plus poétique des fleurs s’impose comme un hommage à la cuisine turque. Elle loue avec ardeur, évidence et simplicité le travail des toques les plus réputées du pays. La rose se présente comme une reconnaissance modeste envers les dons prodigués par la Nature sur les terres fertiles de la Cappadoce. Cultiver cette fleur s’apparente à un honneur national : les chefs cuisiniers sont fiers de participer à l’essor de l’art gastronomique turc.

Une nouvelle note sucrée sur les partitions culinaires turques

Peu reconnue et souvent mise de côté, la cuisine turque est devenue un trésor bien caché que les gastronomes ont gardés jalousement pendant longtemps. Or, aujourd’hui, les temps ont changé et la Turquie a besoin de prendre sa place dans la classe des Grands. Le domaine de la culture culinaire est parfaitement légitime. En toute confiance, le pays peut prétendre concurrencer ces redoutables voisins européens. Et ce qui fera peut-être toute la différence se trouve dans la délicatesse d’une fleur. Elle est à la fois l’incarnation de la multiculturalité du pays et l’évanescence de la diversité du terroir. La rose s’impose comme l’alliée privilégiée des chefs cuisiniers partis à la recherche des nouvelles harmonies gustatives. Explorer les terres inconnues du pays du Gout, voilà le leitmotiv de tous les plus grands chefs des restaurants stambouliotes ! Tous plus atypiques, délicieux et authentiques les uns que les autres, ils apportent chacun leur propre signature teintée d’un arrière-goût rosé qui rappelle malgré tout que nous sommes bien en Turquie.

roseOr, la cuisine turque a le droit de voir la vie en rose. En effet, les écoles de gastronomie se multiplient et les traditions évoluent. Cultiver la rose dans les plats nouveaux apparaît alors comme un challenge mais aussi comme la garantie de préserver un certain équilibre entre les habitudes passées et les idées avant-gardistes, modernes et ambitieuses. Les chefs stambouliotes comptent bien sur l’aide de la reine des fleurs pour couronner leurs mets de nouvelles saveurs et assurer le succès de leurs expériences. Simplicité et légèreté, la Rose donne un rythme nouveau aux compositions des chefs toqués. Des étoiles dans les yeux, ces poètes du goût se prennent à rêver qu’un jour ces étoiles se trouveront à l’entrée de leur restaurant.

La gastronomie turque intrigue de plus en plus les amateurs étrangers. En effet, les poissons aux effluves si particulières font déplacer nombre de connaisseurs à l’affût des moindres découvertes et des défis les plus fous. Cette fleur originaire d’Asie centrale est le cachet indispensable pour voyager au pays des papilles aux frontières de l’Europe et de l’Asie. La rose à toutes les sauces et sous toutes les formes ( en confiture, en loukoum, en thé,…) n’est effectivement pas si banale. Pourtant, cela plaît. Pour preuve, le marché de la rose, sa culture dans les champs agraires du centre du pays et son commerce sont florissants.

La Turquie et la Rose : des goûts et des odeurs

roseLes régions montagneuses d’Isparat (ville communément appelée « la capitale de la Rose ») au sud-ouest de la Turquie regorgent de plantations de la fleur la plus courtisée du monde. Poussant à profusion dans les jardins et dans les cultures en terrasse, elle colore les pentes douces des collines. Chaque année, sous le soleil de l’été, des petites mains cueillent près de 8000 tonnes de roses. Les agriculteurs s’activent tôt le matin pour cueillir la fleur lorsque ses pétales ne sont qu’à peine ouvertes et que leur parfum est le plus intense.

En effet, cette fleur étend son champ de séduction et voit apparaître davantage de prétendants souvent un peu voraces et maladroits. Depuis le début des années 2000, en plus de subvenir aux besoins des chefs gastronomiques, la rose a séduit les grands leaders de la cosmétique bio. Ainsi, par exemple, des fiançailles ont été scellées entre une entreprise turque locale de distillation « Sebat » et le groupe suisse « Weleda ». Comme si elles s’étaient mutuellement lancées des pétales de rose pour symboliser l’espoir d’un partenariat durable et fructueux, les deux firmes travaillent main dans la main et contribuent à leur façon au redressement économique de la Turquie.

Ainsi, le mythe traditionnel de la rose aussi belle qu’éphémère serait contredit par l’espoir que la Turquie met en elle. Ingrédient indispensable pour tous les mets des plus simples aux plus exquis, petite touche insignifiante mais qui fait la différence, la rose s’apparente désormais à la clé (de fa) d’une symphonie harmonieuse et enthousiaste.

Diane Ziegler

1 Comment

  1. En Turquie, un petit dejeuner avec de la confiture de rose, dans un hôtel 5* est un délicieux moment que je recommande.

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