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Une route pour protéger les ruines de Santa

Surnommé la « ville cachée près du ciel », le site archéologique de « Santa », situé dans le village de Dumanlı dans la province de Gümüşhane, remonte au XVIIe siècle. Alors que des structures de béton se dressent désormais en ce lieu, la région a décidé de prendre des mesures pour protéger le site, rapporte le quotidien Hürriyet.

Crédit photo : Hürriyet Daily News

Le bureau du gouverneur de Gümüşhane a vivement critiqué les structures en béton illégalement construites dans les ruines par des nomades pratiquant la transhumance. Selon lui, ces structures non autorisées créent une pollution visuelle et dénaturent le lieu.

De ce fait, ce dernier a donné un délai aux propriétaires afin d’harmoniser les maisons construites en béton dans la ville antique, sans quoi les autorités locales seront amenées à les détruire.

Établi par les Grecs au XVIIe siècle, le site se compose de sept quartiers composés de maisons en pierre d’un étage et d’une église. Mais les structures architecturales grecques ont été difficilement protégées en raison d’un accès difficile au lieu.

Okay Memiş, le gouverneur de Gümüşhanea, estime que les ruines sont entourées d’une histoire et d’une nature magnifique, soulignant que ces dernières étaient sous surveillance et devaient être protégées en facilitant l’accès au site.

Pour se faire, M. Memiş a confié au quotidien Hürriyet qu’ « un appel d’offres pour la construction d’une route de près de huit kilomètres, reliant le plateau de Taşköprü à Santa, a été lancé ». Le gouverneur précise que « le temps du trajet sera réduit de moitié lorsque le travail sera terminé cette saison. » En effet, il ne faudra plus que 45 minutes pour accéder au site. Ainsi, cette route « permettra de protéger la ville antique » en la surveillant davantage et en empêchant des constructions sauvages.

Par ailleurs, Okay Memiş, pointe du doigt le côté disgracieux de « deux bâtiments qui ont été construits dans ce domaine il y a longtemps ». Ce dernier souligne qu’ils ont aujourd’hui en main une décision du tribunal stipulant que si ces bâtiments n’étaient pas harmonisés avec le site, ils seraient détruits. Les propriétaires des lieux ont été prévenus de cette décision.

Coşkun Erüz, président de l’Association pour la protection des valeurs naturelles et historiques et professeur à l’Université technique de Karadeniz (KTU), a déclaré que les structures en pierre des ruines de « Santa » et de la région suscitaient l’intérêt de nombreuses personnes.

Ce dernier a déclaré au quotidien turc que « de nombreuses structures se sont effondrées. Si la véritable valeur historique des ruines de « Santa » est découverte et présentée aux citoyens, la zone restera un plateau et deviendra aussi un centre d’attraction pour le tourisme culturel ».

La cité fait partie de l’héritage du patrimoine culturel de l’État grec-pontique à l’est de la mer Noire. La ville a été abandonnée après l’émigration des Grecs de la région en 1923. Les ruines de « Santa » ont été déclarées site archéologique naturel en 1999. Entre 1700 et 1900, quelque 5 000 personnes ont vécu dans les ruines qui ne sont visitées que par quelques touristes en raison du manque de moyens de transport.

Nathalie El-Bazzal

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