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Sale temps pour la liberté d’expression en Allemagne

Dans le classement mondial de la liberté de la presse, publié récemment par Reporters Sans Frontières, l’Allemagne pointe à la 16ème place. Pourtant, sa chancelière est plus préoccupée par le bien-être de ses amis turcs que par la liberté d’expression. En témoigne l’ouverture du procès contre l’humoriste Jan Böhmermann la semaine dernière.

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Il y a un an encore, suite aux attentats perpétués contre Charlie Hebdo, la chancelière allemande Angela Merkel déclarait : « la liberté de la presse est une composante essentielle des sociétés démocratiques. Nous ferons tout pour la protéger. »

Elle  est ensuite allée à Paris pour manifester dans les rues de la capitale française de manière à défendre la liberté d’expression. A ses cotés, François Hollande et d’autres grandes figures de la liberté de la presse, telles que le président israélien Benyamin Netanyahou, Nizar al-Madani, numéro deux de la diplomatie de l’Arabie Saoudite, ou encore Sameh Choukry, ministre des Affaires étrangères égyptiennes.

Aujourd’hui, Angela Merkel a tourné le dos à « Charlie ». En témoigne ses nombreux voyages à Ankara où elle semble avoir trouvé son nouveau compagnon de route… Tout a commencé il y à un mois lorsque la chaîne allemande NDR diffuse une chanson moquant Erdoğan, le président turc. L’ambassadeur allemand est alors convoqué par le gouvernement turc afin de présenter ses excuses. Seulement, deux semaines plus tard, l’humoriste Jan Böhmermann récite un poème portant sur les minorités, des chèvres et le président turc à la télévision allemande. Angela Merkel s’excuse et qualifie les vers comme « blessant » ; la chaîne nationale ZDF supprime la vidéo. Pourtant, avant de réciter, Jan Böhmermann annonçait qu’il voulait tester les « limites de la liberté d’expression » en Allemagne. Mi-avril, le gouvernement turc et Erdoğan demandent une enquête à l’encontre de l’humoriste allemand. Quelques jours plus tard, la chancelière allemande autorise l’ouverture de l’enquête pour « insulte à un représentant d’un Etat étranger ». En Allemagne ce « délit » est passible de trois ans de prison.

Le principal intéressé a annoncé qu’il allait «se faire expliquer à nouveau cette histoire de liberté de presse et artistique en Corée du Nord, […] avant d’aller avec [s]on Segway sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle durant quelques jours, en quête de [s]oi.

Raphaël Schmeller

 

 

 

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