Economie, International

Scandale de la FIFA : plusieurs banques dans le viseur des autorités américaines

Les autorités américaines n’en finissent plus de mettre au jour de nouveaux éléments dans le scandale qui éclabousse depuis le 27 juin la Fédération internationale de football (FIFA). Depuis le 23 juillet la justice fédérale s’attaque désormais à plusieurs banques, suspectées d’avoir fermer les yeux sur plusieurs transactions financières illégales entre les comptes des dirigeants de l’organisation impliqués dans le scandale.

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Les autorités américaines poursuivent leur croisade contre la corruption orchestrée au sommet de la FIFA. Après l’affaire retentissante révélée fin mai impliquant plusieurs cadres de l’instance internationale, les services fédéraux cherchent à faire la lumière cette fois sur le rôle joué par plusieurs grandes banques dans le scandale financier. HSBC, Barclays, le Crédit suisse et même la très sérieuse Deutsche Bank sont notamment dans le viseur des enquêteurs.

Les services en charge du dossiers ont annoncé conjointement jeudi dernier poursuivre l’enquête menée sur les malversations des dirigeants de la FIFA. A la manœuvre : les services du très médiatique procureur général de Brooklyn, Kelly Currie, principal instigateur de la série d’arrestations ayant visée le 27 mai 2015 les dignitaires de la puissante organisation, se sont associés aux services financiers de New York (DFS) dirigés depuis peu par Anthony Albanese, successeur de l’emblématique « sherif de Wallstreet » : Benjamin Lawsky.

Anthony Albanese, régulateur du service financier de New-York.

Mais les faits aujourd’hui considérés par les autorités financières n’étonnent pas les sources proches du dossier puisqu’aux premières heures du scandale paru à la fin du mois de mai la participation des banques avait déjà été évoquée. Désormais, celle-ci est remise sur la table : l’enquête en cours vise ainsi à établir la négligence des banques dans le contrôle des flux financiers transférés entre les comptes bancaires directement ciblés par l’affaire de corruption.

La principale préoccupation des services américains étant de vérifier la conformité de plusieurs transactions monétaires vis-à-vis des lois américaines anti-blanchiment d’argent. En effet, depuis la crise des « subprimes », et les dérives répétées du système financier international, Washington a durci la lutte contre l’opacité financière des instituts bancaires, souvent sanctionnés en raison d’opérations douteuses effectuées pour le compte de particuliers ou d’organisations criminelles.

Plus d’une dizaine de banques mises en cause

Selon le Wall Street Journal, les services du procureur de Brooklyn ont sondé plusieurs banques dont HSBC Holdings et Standard Chartered pour obtenir des informations confidentielles relatives aux transactions entre les comptes de plusieurs hauts responsables de la FIFA.

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Le procureur de Brooklyn, Kelly Curie, lors d’une conférence de presse le 27 mai dernier.

Une requête respectée en apparence par la banque britannique HSBC, qui a plaidé pour sa part la bonne foi. « Nous continuons à examiner les allégations portant sur les inculpations contre certains responsables de la FIFA et d’autres pour nous assurer que nos services n’ont pas été utilisés à mauvais escient pour perpétrer des crimes financiers », a rassuré Rob Sherman, le porte-parole du groupe dans un communiqué rapporté par l’AFP.

Mais la méconnaissance revendiquée d’HSBC concernant les opérations effectuées dans ses établissements peine à convaincre les autorités américaines. Quelques mois plus tôt, une autre affaire, celle dite du « SwissLeaks », avait contraint l’institut bancaire à payer une amende de 38 millions d’euros pour étouffer les accusations de blanchiments d’argents réalisés au profit de plusieurs clients suisses.

De leur côté, les services financiers de New York ont déployé les grands moyens pour mettre au clair les différentes complicités dans l’intrigue politico-judicaire qui éclabousse la FIFA depuis maintenant deux mois. Bourreau de BNP Paribas le 1er mai 2015, à laquelle il avait réclamé la somme inédite de 8,9 milliards de dollars pour avoir détourné l’embargo américain sur plusieurs pays, l’organe financier mène actuellement une opération de grande ampleur auprès de six banques parmi les plus puissantes du globe.

Le groupe britannique Barclays, l’helvète Crédit Suisse ou encore l’israélienne Bank Hapoalim se sont ainsi vues dans l’obligation d’adresser à la DFS la conclusion de leurs enquêtes internes respectives menées au lendemain des révélations du 27 mai.

La FIFA toujours dans la tourmente

Deux mois après les premières initiatives des autorités américaines pour sanctionner le fonctionnement frauduleux de la Fédération internationale de football, c’est encore un coup dur que portent les services fédéraux à l’obscure organisation en enquêtant sur la légalité de plusieurs opérations bancaires.

Si la participation au scandale des différentes banques concernées est finalement avérée, l’infraction s’ajoutera au dossier déjà encombrant que traîne la grande instance du football depuis le 27 mai dernier. Ce jour-là, tandis que se profilait la réélection du président sortant Joseph Blatter, la justice américaine avait annoncé à la surprise générale l’arrestation de plus de 14 hauts responsables dont deux vice-présidents et neuf cadres dirigeants.

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Le 2 juin, « Sepp » Blatter, tout juste réélu à la tête de la FIFA, est contraint à la démission.

La période alors retenue par les autorités américaines, plus de 25 ans, a permis d’aboutir à pas moins de 47 chefs d’inculpation portant principalement sur des accusations de racket, de fraude ainsi que de blanchiment d’argent. Contraint de faire face à une des affaires les plus sulfureuses de ces dernières décennies, la FIFA n’est du reste pas prête de voir le bout du tunnel.

Jeudi, suite aux révélations portant sur la nature de l’enquête menée en ce moment par les autorités américaines, les principaux sponsors de la Fédération internationale, à savoir le groupe VISA et l’entreprise Coca-Cola, ont fermement exigé de l’organisation la création d’une commission d’enquête indépendante de manière à couper court aux nombreux soupçons.

Matéo Garcia

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