Société

Le scandale qui fait trembler la Corée du Sud

Tout est parti d’une vidéo diffusée le 28 janvier 2019 par la chaîne MBC montrant une agression dans la boîte de nuit Burning Sun dont le gérant n’est nul autre que Seungri, un des chanteurs les plus populaires de Corée du Sud. Seungri fait partie du boys band Big Bang, un grand nom dans la scène K-pop (pop coréenne).

L’homme agressé sur la vidéo révèle sur le réseau social Bobaedream que le soir de l’agression il tentait seulement de protéger une femme harcelée sexuellement qui était venue se réfugier à ses côtés. À la suite de ses révélations, une vidéo extraite des caméras de surveillances en dehors de la boîte de nuit montre clairement que l’homme a été tabassé par les agents de sécurité et le directeur de l’établissement. Une fois avertie, la police s’est entretenue avec les gérants du club et a fini par passer les menottes à la victime ! L’opinion publique coréenne s’empare donc de l’affaire et exige à travers une pétition qu’une enquête soit menée.

Cependant, cette affaire n’est que la partie émergée de l’iceberg… Parallèlement, l’attention des internautes se tourne rapidement vers une vidéo issue du même club où l’on voit une femme qui trébuche et qui est traînée dans l’un des couloirs de la boîte de nuit. La victime de la première agression a partagé cette vidéo. Il affirme qu’il s’agit d’une femme en état d’ébriété qui a été traînée contre son gré dans la salle VIP afin d’être prostituée. Il ajoute que ce genre d’incidents se produit très régulièrement dans la boîte sans que personne, pas même la police — qui recevrait d’importantes sommes d’argent de la part du Burning Sun —, ne réagisse.

Le 14 février, une unité spéciale de la police de Séoul fait une descente dans la boîte de nuit ainsi que dans le commissariat de Yeoksam (le district dans lequel se trouve l’établissement). Les perquisitions ont permis de mettre la main sur de nombreuses informations concernant des ventes de drogues, de la corruption et des agressions sexuelles.

L’affaire ne s’arrête pas là. On découvre quelques jours plus tard que des messages ont été échangés dans une conversation de groupe entre le chanteur Seungri, le PDG de Yuri Holdings, d’autres artistes et des hommes politiques ou d’affaires. Ces messages ne sont pas anodins puisque l’on y voit notamment des échanges de vidéos et de photos de femmes prises à leur insu. Seule une partie des messages a été révélée au public : on peut notamment y voir des échanges peu charmants à propos de femmes. Les chanteurs ainsi que les autres membres de la conversation sont désormais inculpés pour agressions sexuelles, usages de drogue, proxénétisme, jeu d’argent (ce qui est strictement interdit en Corée du Sud) et évasion fiscale.

Chaque jour, de nouvelles bribes de la conversation sont révélées ainsi que des noms des membres de la chat room. Les Coréens suivent cette affaire de très près, car ce n’est pas seulement le scandale d’une célébrité, mais la gangrène du pays qui est ici pointée du doigt : les agressions sexuelles et la corruption. L’avocat de Seungri a déclaré, afin de défendre son client, que « tous les hommes coréens sont comme ça », les internautes ont alors répondu non moins avec cynisme « alors qu’ils aillent tous en prison ».

Erraoui Youssra

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