Culture, Découverte, Société

Des scientifiques cartographient les vestiges antiques de la baie d’Edremit

La baie d’Edremit, encadrée de villages côtiers eux-mêmes entourés d’une forêt dense de pins et d’oliviers anciens, laisse entrevoir de nouveaux trésors. C’est en effet ce que révèle le travail mené par des scientifiques des universités stambouliotes des Beaux-Arts Mimar Sinan (MSGSÜ) et Medipol.

Travaillant depuis plusieurs années à mettre en lumière les richesses culturelles et archéologiques de la région, l’équipe d’experts dirigée par Hüseyin Murat Özgen (MGSÜ) cherche maintenant à renseigner avec précision les localisations et l’état des différents sites de la baie d’Edremit à l’aide de divers outils de cartographie. Le directeur de recherche indique ainsi que l’équipe a documenté 165 sites de la zone sud d’Ayvalik, après avoir scanné les zones prioritaires des districts de Burhaniye et de Gömeç (Balıkesir).

Ces découvertes s’ancrent dans des contextes géographiques et historiques précis. Ainsi, M. Özgen explique que « la plaine alluviale entre la côte sud-est de la baie d’Edremit et le mont Madra descend jusqu’à Ayvalık ». Les différentes phases d’études ont permis de déterminer des sites archéologiques vitrines de l’âge de bronze, à l’instar de Madra Tepe, d’Hüyücek – aux bordures du district de Burhaniye -, et plus récemment de Kistene, un site à proximité de Kızçiftliği.

Le directeur de recherche explique également les implications des caractéristiques géographiques sur le développement historique de la région, et notamment la présence de la mer. Les différentes cartographies permettent donc de faire le lien entre archéologie et époques civilisationnelles de la région, comme il le souligne :

« Les découvertes de colonies rurales romaines et byzantines et les premières traces turques dans la baie sont parmi les nouvelles données que révèle la topographie historique de la région. Lorsque nous nous approchons de la zone d’Ayvalık, il y a des exemples de civilisation ottomane et d’architecture civile grecque, qui ont été sévèrement détruites au cours des 100 dernières années, comme des églises, chapelles, monastères et moulins à vent. »

Les recherches menées à Ayvalık  permettent également de rendre compte des modes de vie de la région grâce au répertoriage de nombreux bâtiments : chapelles, monastères, sanctuaires funéraires…

Néanmoins, une large partie de ce patrimoine historique est encore à inventorier et à renseigner ! En témoigne l’exemple d’un des experts de l’équipe, Hasan Sercan Sağlam (Université Medipol), qui explique que seuls six des quarante moulins à vent de l’île de Cunda et d’Ayvalık sont enregistrés à ce jour. Les efforts des chercheurs demeurent donc constants pour produire une documentation la plus détaillée et la plus complète possible.

Si certains mystérieux pans de ces vestiges subsistent, nul doute que les travaux effectués par ces équipes dans la région de la baie d’Edremit permettront une meilleure appréhension et compréhension des réalités géographiques, archéologiques et historiques, et offriront des données renseignées à des études à venir dans ces domaines pluridisciplinaires.

Victor Mottin

 

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