International, Politique

La sécurité des présidents : un défi pour les porte-monnaie

L’entrée à la Maison-Blanche ou encore à l’Élysée signifie bien des changements pour les nouveaux locataires des lieux. En plus des nouvelles responsabilités qui leur incombent, ils doivent s’habituer à un nouvel entourage muni d’oreillettes et d’armes à la ceinture. Au vu du contexte sécuritaire actuel, les services chargés de la protection des présidents sont sur les dents. Mais c’est aussi le portefeuille des citoyens qui racle les fonds de tiroirs. Aux États-Unis, les voiturettes de golf coutent cher

Du côté des États-Unis, où les assassinats des présidents Abraham Lincoln, James Gardfield, William McKinley et John Kennedy hantent encore les couloirs du Secret Service, la situation est sans commune mesure. En effet, si en février dernier, le Washington Post révélait déjà que le milliardaire était trop dépensier – en un mois de présidence, celui-ci avait dépensé en sécurité ce que Barack Obama dépensait en un an -, le quotidien USA Today a révélé, fin août – seulement sept mois après la prise de fonction du 45e président américain -, que les services de sécurité du sulfureux milliardaire ont déjà dépensé l’intégralité du budget 2017 (160.000 dollars par agent) pour les beaux yeux de Donald Trump. Un dépassement de l’enveloppe qui n’est pas inédit, mais dont l’utilisation fait tiquer.

Entre les voyages à répétition pour se rendre sur le green en Floride, en Virginie, ou encore au New Jersey – après avoir largement critiqué sur Twitter son prédécesseur sur la question et avoir fait peu de déplacements à l’étranger de son côté – et la protection de 42 individus (31 sous Barack Obama) dont 18 des proches du président américain qui, comme dans une oligarchie, gouvernent avec lui, la sécurité de l’ancien présentateur télévision devient un vrai casse-tête et un gouffre financier. Fait cocasse ou déplorable qui illustre parfaitement la gravité et l’ironie de la situation : depuis le début de l’année, le Secret Service a dépensé 60 000 dollars en location de voiturettes de golf…

En France, pas de voiturette de golf, mais des dépenses non négligeables

Quant au président Emmanuel Macron, il est aussi sous bonne garde puisque le Groupement de sécurité du Président de la République (GSPR), composé de 64 personnes provenant de la gendarmerie et des forces de police – une mixité mise en place par Jacques Chirac qui ne sera pas suivie par Nicolas Sarkozy, mais par François Hollande – auxquels s’ajoutent les 15 officiers de sécurité et policiers qui l’ont suivi durant sa campagne, constitue son escorte personnelle pour les cinq prochaines années. Si ces effectifs semblent minimes à côté des plus de 1.000 salariés en charge de la protection du magnat de l’immobilier américain, la protection d’Emmanuel Macron ne sera néanmoins pas sans conséquence sur les finances des contribuables français si la « tradition » de la Ve République se perpétue.

Car si le président français a affiché lors de sa campagne un certain détachement quant au dispositif sécuritaire – un comportement que l’on avait pu constater dans le documentaire «les Coulisses d’une victoire», diffusé sur TF1 -, les enjeux sécuritaires pour un chef d’État sont tout autre surtout à l’heure où le mécontentement des Français s’exprime dans les rues et où le poids de la menace terroriste se fait de plus en plus pesant.

Reste à savoir si le coût de la sécurité du nouveau locataire de l’Élysée sera aussi faramineux que les 3,6 millions d’euros par an dépensés par Valéry Giscard d’Estaing, ou s’il sera plus raisonnable en suivant les pas de Nicolas Sarkozy (3,3 millions) et de Jacques Chirac (3,3 millions). Des chiffres révélés par le député socialiste René Dosière qui ont toute leur importance puisqu’on parle ici de l’argent public dans lequel l’on continue à puiser pour leur protection rapprochée – deux policiers aux frais du contribuable – lorsque les présidents quittent leurs appartements Faubourg-Saint-Honoré.

Camille Saulas

 

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