Environnement, Société

Un séisme « lent » à Istanbul provoque le débat

D’après une étude publiée dans la revue Earth and Planetary Sciences Letters, en 2016, un « séisme lent » a mis 50 jours à dégager la totalité de son énergie à Istanbul.

Le séisme lent en question se serait déroulé durant l’été 2016 dans le sud de la plus grande ville du pays, aux alentours des Îles aux Princes. Le tremblement de terre a été découvert par des scientifiques en utilisant du matériel de détection spécifique.

La recherche, relayée par The Guardian, assure que le séisme aurait été d’une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter s’il avait dégagé son énergie en une fois. Néanmoins, ayant libéré sur plusieurs jours son énergie, le séisme est passé dans un premier temps inaperçu.

Incompréhension au sein de la communauté scientifique turque

La réaction des scientifiques et géologues du pays ne s’est pas fait attendre. Nombreux sont ceux pour qui cette étude est erronée.

« La notion de séisme lent n’existe pas », a affirmé le professeur à l’Université Technique d’Istanbul (İTÜ) Övgün Ahmet Ercan aux journalistes du quotidien Hürriyet. « L’énergie émerge pendant les tremblements de terre et ne se dégage pas lentement », a-t-il renchéri.

Şerif Barış, chercheur à l’Université Kocaeli, réfute cette analyse. Celui-ci estime que le concept de séisme lent est bien réel et qu’il a été établi depuis des années, avant de rappeler que ce terme évoque « une libération très lente » d’énergie du fait de la fracturation des roches en profondeur.

Le destin du pays lié aux risques sismiques

En 1999, plus de 17 000 personnes furent tuées et 43 000 autres blessées lors d’un tremblement de terre de magnitude 7,3 qui s’était produit dans la région de Marmara, et dont l’épicentre se situait à Golcuk, district de la très industrialisée région d’Izmit, une province à l’est d’Istanbul.

La Turquie fait partie des pays les plus sensibles d’un point de vue sismique en raison de sa situation géographique. Istanbul et sa région sont tout particulièrement concernés puisque la zone  se situe entre les plaques tectoniques anatolienne et eurasiatique. C’est ce que l’on appelle la faille nord-anatolienne.

Le journal britannique The Guardian estime que le séisme lent de 2016 pourrait être un signe que cette « dangereuse faille est en train de se réveiller », ce qui pourrait nuire à tout le territoire puisque la faille « traverse la Turquie d’est en ouest ».

Cette faille et ses mouvements ont déjà produit des catastrophes naturelles de grande ampleur. L’exemple le plus marquant est certainement le séisme du 17 août 1999.

Mehdi Abdsalam

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