Politique

Selahattin Demirtaş appelle le PKK au cessez-le-feu

Selahattin Demirtaş, leader du Parti démocratique des peuples (HDP), issu de l’indépendantisme kurde, appelle le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à un cessez-le-feu.

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« Le PKK doit absolument cesser ses bombardements et attaques armées dans les villes et les montagnes, sans protestation », a annoncé Selahattin Demirtaş lors d’un discours à Izmir samedi dernier, comme l’a rapporté l’agence de presse Doğan. « Il n’y a aucune alternative pour nous (…) les morts issus de populations kurdes et turques, les morts de soldats et de policiers mais aussi les guerillas doivent être stoppés », a continué le co-président du HDP.

Si les détracteurs du HDP et les membres du Parti de la justice et du développement (AKP) actuellement au pouvoir continuent de soupçonner le HDP d’être affilié au PKK, le parti continu de nier une quelconque implication avec l’organisation jugée en Turquie comme terroriste et Demirtaş a tenu à rappeler encore une fois lors de son discours que le HDP n’avait aucun pouvoir sur les attaques du PKK.

Cependant, le PKK – dont le leader et membre fondateur, Abdullah Öcalan, est toujours incarcéré pour « trahison à la nation » depuis 1999 sur l’île d’İmralı – a tenu à rappeler que toute décision de cessez-le-feu ne pourrait être imposé, ni par le HDP, ni même par Öcalan en personne.

« Cet appel ne signifie en aucun cas que le HDP déclare avoir le contrôle sur les actions du PKK. Par conséquent, cet appel n’est pas diamétralement opposé à ses précédentes remarques qui soulignaient l’importance des politiques civiles en Turquie concernant la question kurde », affirme Mustafa Demir, co-président et chercheur de l’Institut turc de Londres, pour le site d’information Middle East Eye.

Les élections anticipées dans le viseur

Suite à l’annonce officielle des élections anticipées, qui auront lieu le 1er novembre, le HDP tient aussi par conséquent à rassurer son électorat en rappelant qu’il n’a aucune implication avec le PKK. Demirtaş souhaite aussi regagner le soutien d’une partie de ses électeurs, moins concernée par la cause kurde, qui avait aidé le HDP à remporter plus de 10% des suffrages aux dernières élections du 7 juin, juste assez pour obtenir un nombre de sièges au Parlement. Le gouvernement continue quant à lui d’accuser le HDP d’être la branche politisée du PKK, bien que Demirtaş n’ait de cesse de démentir ces affirmations.

« Nous ne savons pas encore si ces affirmations, qui impliquent une divergence entre le HDP et le PKK aideront le HDP à toucher un plus large public, particulièrement dans l’ouest de la Turquie, en vue des prochaines élections. Nous pouvons nous attendre à d’autres affirmations similaires juste avant les élections anticipées qui se tiendront en novembre », continue Mustafa Demir.

Erdoğan, qui compte bien regagner sa majorité absolue lors des prochaines élections, espère ainsi récupérer une partie des électeurs du HDP en continuant de lier le parti au PKK. L’AKP soutient que le HDP aurait dispensé une assistance matérielle à l’organisation et en juillet dernier, les plus hautes instances de justice turques avaient lancé une enquête pénale contre certains députés membres du HDP, accusés d’avoir des liens avec le PKK. Demirtaş soutient néanmoins que les ambitions d’Erdoğan n’aboutiront en rien, et ne croit pas l’AKP capable d’atteindre les 41% obtenus aux élections du 7 juin. Plus tôt cet été, Il avait notamment accusé Erdoğan de vouloir mener le pays vers une « guerre civile ».

Sophie de Tapia

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