Economie, International

Shell a discuté investissements avec l’Iran : présage d’un accord sur le nucléaire ?

iran_shellDes discussions entre le géant pétrolier Shell et la République islamique d’Iran ont récemment eu lieu à Téhéran, selon un porte-parole de la compagnie britannico-néerlandaise. Dans un communiqué au Financial Times, Shell a ainsi confirmé son désir de se placer favori parmi les partenaires économiques potentiels de l’Iran, à seulement quelques jours des délibérations finales autour d’un accord international sur le nucléaire Iranien.

La rencontre a donc bien été confirmée par le Financial Times via un porte-parole du 1er groupe pétrolier au monde. Selon ce dernier, alors que la question de la dette due à l’Iran par le groupe (plus de deux milliards de dollars) avait déjà été abordée le mois dernier lors d’un sommet de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à Vienne, « des aires possibles de partenariats commerciaux » ont récemment été évoquées à Téhéran. Ces discussions surviennent à l’aube d’un accord international d’une importance sans précédent pour l’Iran, dont les négociations sont encore en cours dans la capitale autrichienne, et ce jusqu’au 30 juin prochain. Si les acteurs de ces négociations (Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, France, Chine et Russie) venaient à trouver un point d’entente au sujet du nucléaire iranien, une levée des sanctions serait alors envisagée, permettant à la République islamique de se délester de la camisole économique qui l’oppresse depuis presque dix ans. Le secrétaire d’Etat américain au Trésor public, Jack Lew, déclarait encore en 2014 que les sanctions internationales à l’égard de l’Iran étaient « les plus sévères jamais imposées à aucun pays par la communauté internationale ».

Levée des sanctions : l’aubaine iranienne.

Comme Jacob Lew le notait courant 2014, les sanctions mises en place par les Nations unies ont porté un coup sévère et irréversible à l’Iran. Le pays, 5ème producteur et exportateur mondial de pétrole (et 3ème exportateur de gaz), avait vu ses revenus bruts imputés à l’or noir diminuer de plus de moitié. Cette baisse entraînant des restrictions importantes de la part du budget iranien allouée au développement des infrastructures pétrolières et urbaines du pays. Le rial iranien était ainsi visé par la mise en place de plus d’une trentaine de mesures en l’espace de dix ans, afin de la rendre inutilisable. L’onde d’impact de ces sanctions s’étendant au peuple iranien et à son pouvoir d’achat, on comprend mieux les scènes de joie qu’avaient provoquées l’annonce de nouvelles négociations sur un accord international censé délivrer l’Iran de sa camisole économique.

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La levée de ces sanctions devrait également offrir un « retour sur crédit » au bénéfice de l’Iran. À titre d’exemple, la compagnie Shell doit toujours à Téhéran plus de deux milliards de dollars dans le cadre de contrats d’extraction de pétrole. Ce paiement avait été suspendu par les dispositions internationales prises contre la République islamique, accusée de développer son programme nucléaire à des fins militaires. Ceci, ajouté aux nouvelles possibilités qui s’ouvriront sur le marché iranien grâce à cet accord providentiel, ferait de l’Iran un pays économiquement ragaillardie alors que son rôle régional se révèle de plus en plus indispensable, notamment en ce qui concerne la lutte contre l’Etat Islamique via son soutien actif aux Peshmergas (combattants kurdes d’Irak).

Un accord encore incertain

Malgré tous les bénéfices que l’Iran pourrait tirer de cet accord, sa signature restera encore incertaine avant le 30 juin, date butoir des négociations. Une incertitude qui s’explique principalement par les réticences affichées par Téhéran concernant le droit de regard américain sur ses installations militaires. John Kerry a pourtant bien prévenu que tous les points mentionnés dans l’accord préliminaire de Lausanne, signé en avril dernier, devaient être respectés par l’Iran si le pays espérait voir les sanctions économiques internationales se lever. Parmi les termes de l’accord qui ont pu être révélés au public, la réduction de la capacité d’enrichissement de l’uranium, ainsi que la réduction de près des deux tiers du nombre de centrifugeuses iraniennes, soit 6000 contre 19.000 actuellement. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif avait lui-même reconnu que la mise en place d’un accord définitif d’ici fin juin nécessiterait un travail intense et difficile. L’impatience affichée par le géant pétrolier Shell en se rendant à Téhéran pourrait, qui sait, laisser à penser que les pourparlers entre l’Iran et les Nations unies se sont révélés plus faciles à tenir que prévu ? Réponse le 30 juin prochain.

 

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