Découverte, Société

Şirince, Ephèse, Pamukkale : la côte égéenne sous toutes ses facettes

La Turquie est pleine de sites d’une beauté rare et unique. Définir la destination d’un premier voyage s’avère dès lors difficile. Mais, après avoir atterri à Istanbul, au milieu des mosquées aussi imposantes que protectrices, l’envie d’évasion vous amènera surement, comme nous, à prendre un de ces bus de nuit qui vous déposent, au petit matin, dans un tout autre paysage, dans une toute autre Turquie. En un week-end il est alors possible de découvrir des villes d’une grande richesse historique et naturelle mais si différentes les unes des autres. Il faut, pour cela, vous laissez guider jusqu’à Şirince où les matins sont calmes et les dégustations de bon goût. Ensuite, vous visiterez Ephèse, la Turquie romaine, pour un voyage dans le temps. Les bassins de Pamukkale vous permettront, pour finir, de vous relaxer dans des sources d’eau chaude. Le Sud-Ouest de la Turquie et ses paradoxes se seront alors offert à vous.

Şirince, la sereine

La première destination se situe dans la province d’Izmir. Niché dans les hauteurs : le petit village pittoresque de Şirince. Habité de quelque 600 âmes hors-saison, il se remplit rapidement de touristes, venus des quatre coins du monde, dès l’arrivée des beaux-jours. Entouré de vignes et d’oliviers, qui rappelleraient presque les paysages de la Provence française, le village vaut bien un petit détour. Les étroites rues en méandres de Şirince forment un labyrinthe de petites caves d’exploitants du coin où des dégustations de vins locaux sont toujours possibles. Ces vins, essentiellement des vins rouges et souvent aromatisés aux fruits des bois, font eux-aussi la réputation du village. Şirince attire d’ailleurs de nombreux amateurs lors de son festival du vin qui a P1030240_Fotorlieu chaque mois d’octobre. Après la dégustation, en continuant dans les hauteurs du village, vous pourrez visiter les ruines de l’église Saint-Jean. La fontaine à l’entrée, gardée par une petite représentation de la vierge Marie, accueillera vos pièces comme vos vœux. En repartant, n’oubliez pas de siroter un mélange de jus d’orange et de jus de grenade face au panorama que vous offre la terrasse du restaurant. Voilà là sans doute l’un des meilleurs moyens de prolonger, l’espace d’un instant, la saveur de l’été. Et c’est fort de ce regain d’énergie que vous pourrez entreprendre la redescente du village avant de vous y perdre, au milieu des galeries et des boutiques de souvenirs. Mais vous ne serez pas perdus bien longtemps : une quinzaine de minutes suffisent pour retrouver le point de départ. Non loin des stations balnéaires d’Izmir et de Kuşadası, Şirince restera alors une expérience de dépaysement dans un village historiquement et typiquement turc.

Ephèse, la romaine

280px-Ephesus_Celsus_library_2009_04_29Un dépaysement qui se poursuit à Ephèse, mais sous une toute autre forme. Ici, on remonte le temps. Situées près de Selçuk, les célèbres ruines romaines sont fidèles à un décor de péplum. Se balader au milieu de celles-ci est un véritable bond dans l’Antiquité et son immensité. D’autant plus qu’Ephèse est l’un des sites historiques les mieux préservés de la Méditerranée. C’était même, jadis, une capitale provinciale de l’Empire Romain et un important point de transit commercial et économique. La ville détient donc des trésors de plusieurs civilisations, conservés au fil des siècles. Le sanctuaire d’Artémis, par exemple, qui tire son nom de la déesse grecque de la chasse et de la nature, est en bon état. Mais se sont les amphithéâtres qui confèrent au site. Dans un premier temps, vous pourrez monter les marches de l’Odéon en imaginant les discours qui s’y sont tenus et les représentations qu’on a pu y donner. En continuant votre chemin, au milieu des ruines, vous tomberez sur la bibliothèque de Celsius qui semble s’être affranchie du temps. Construite en 117 par le consul Julius Aquila en mémoire de son père Celsius, cette bibliothèque fut, à l’époque, la plus grande du bassin méditerranéen après celles d’Alexandrie et de Pergame. Brûlée et détruite plusieurs fois au fil des siècles, sa façade tient toujours sur ses fondations et ses colonnes se dressent, majestueuses, sur le site entier. En marchant encore un peu, vous atteindrez le Grand Théâtre. Encore plus impressionnant que le premier, celui-ci offre une vue imprenable sur le site et les montagnes environnantes. Construit au 3ème siècle avant notre ère et ayant une capacité de 24 000 places, ce lieu conserve quelque chose de quasi religieux, de par sa grandeur et son âge.

Pamukkale, l’éclatante

Pamukkale_Hierapolis_Travertine_poolsAprès deux jours de visites, Pammukale est la meilleure façon de conclure le voyage. Ce « château de coton » composé de 17 sources chaudes est un véritable lieu de relaxation. Commencez par monter en haut de la truffière d’où se profile alors la totalité du site : une étendue d’un blanc éclatant entrecoupée de petits bassins bleus. Comme sur les cartes postales vendues dans les petits villages alentours. Prenez le temps d’observer le paysage ainsi que le petit lac en contrebas qui réussit le tour de force de vous donner l’impression d’être dans un endroit isolé. Hélas, les photos que vous ferez ne seront pas à la hauteur de l’instant vécu. Lorsque vous êtes prêts, en maillot de bain et les pieds nus, entreprenez de descendre cette si jolie meringue. Au fur et à mesure de la descente, il est autorisé de se baigner dans les différents bassins d’eau naturellement chaude. Au fond de l’eau, vous sentirez une petite boue agréable vous caresser la plante des pieds. Par une journée ensoleillée, Pamukkale est donc la réplique parfaite de l’Eden. Libre à vous de descendre tout en bas du paradis ou de remonter en cours de route. Mais, avant de repartir, attendez patiemment que le soleil couchant fasse scintiller sous vos yeux, pour la dernière fois, les minéraux de ce bijou immaculé. Et quoi de mieux pour passer le temps qu’un bain dans les thermes de Hiérapolis, comme l’avait fait, quelque deux millénaires plus tôt, une certaine Cléopâtre.

Juliette Vagile et Nissrine Essalouai

1 Comment

  1. LDT

    J’ai toujours grand plaisir à lire tes billets ! Merci !

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