Economie, Environnement, International

Sommet du G20 au Japon : deux journées d’échanges sous pression

Les 28 et 29 juin, l’Union européenne et les 19 pays membres se sont réunis pour la quatorzième réunion annuelle du G20 à Osaka, au Japon.

Ce forum international regroupe depuis 2008 les chefs d’État des pays membres : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l’Union européenne. Ces pays représentent 85 % du PIB mondial, 2/3 de la population mondiale et 75 % du commerce mondial.

L’objectif principal de ce forum international est de trouver des solutions durables à des questions économiques mondiales, mais également à des enjeux globaux tels que le réchauffement climatique, la question de l’énergie, de l’immigration et du terrorisme.

Pour la première fois, le Japon fut choisi pour exercer la présidence du G20. Cette année, le Japon a choisi de se concentrer sur plusieurs priorités telles que la croissance économique et la réduction des inégalités, les infrastructures de qualité et la santé, le changement climatique et la question du déversement des déchets plastiques dans les océans. L’économie numérique et les défis posés par le vieillissement de la population sont également des sujets qui ont été mis en avant durant ce sommet.

Le commerce international et le climat, deux sujets de tensions

Cependant, les sujets de fractures de ce G20 sont sans aucun doute le commerce international et le climat.

De nombreux dirigeants se sont accordés sur les risques du protectionnisme et ont condamné cette pratique. Le traité de libre-échange, conclu durant ce G20, entre l’Union européenne et le Mercosur est qualifié d’« historique », car il arrive vingt ans après le début des négociations et prône l’ouverture commerciale internationale. Ce traité est d’autant plus symbolique qu’il va à l’encontre des politiques protectionnistes fortement défendues et appliquées par Donald Trump par l’entremise de mesures tarifaires. Ce dernier a d’ailleurs rencontré samedi son homologue chinois Xi Jinping avec lequel il mène une guerre commerciale depuis son arrivée au pouvoir. Ces deux premières puissances économiques ont alors conclu une trêve afin de reprendre les négociations et mettre fin aux menaces américaines d’imposer de nouvelles taxes sur les importations chinoises.

D’autre part, dossier très conflictuel et sujet controversé des derniers sommets du G20, la question du climat est sans aucun doute plus qu’importante au vu de la canicule qui frappe actuellement la France. En effet, Emmanuel Macron a fortement insisté sur le fait qu’il ne signera pas la déclaration finale si elle ne défend pas « l’ambition climatique ». Les dix-neuf membres à l’exception des États-Unis, qui a fait le choix de se retirer, ont signé pour l’application complète de l’accord de Paris sur le climat signé en 2015.

Recep Tayyip Erdoğan s’entretient avec Donald Trump et Vladimir Poutine

Concernant la Turquie, en marge du G20, le président Erdoğan a rencontré de nombreux dirigeants notamment Donald Trump et Vladimir Poutine pour discuter des relations bilatérales. Sa rencontre avec Emmanuel Macron s’est déroulée à huit clos.

Les sujets abordés par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan ont surtout tourné autour de la question syrienne et de l’énergie, mais ils ont aussi évoqué la très forte affluence de touristes russes en Turquie. Au niveau de l’économie, Poutine a affirmé qu’en 2018, « les échanges commerciaux ont augmenté de 15 % entre les deux pays » et que « des investissements réciproques d’environ 10 milliards de dollars sont en jeu ». Par ailleurs, Recep Tayyip Erdoğan a de nouveau affirmé que l’achat des S-400 était une affaire conclue.

En effet, la question des S-400 fut au cœur de la rencontre entre le président turc et son homologue américain. Malgré l’opposition américaine à l’achat par la Turquie de systèmes de défense antiaérienne russes, Donald Trump s’est fait remarquer par sa souplesse sur le sujet, qualifiant la Turquie d’un « pays ami » avec lequel les États-Unis ont fait « de grandes choses ». Selon le président américain, la Turquie a été « traitée injustement » par le gouvernement de Barack Obama qui a refusé de lui vendre les missiles américains Patriot. Selon le président Erdoğan, la Turquie n’encourra pas de sanctions économiques. Le président turc a déclaré : « la Turquie et les États-Unis sont des partenaires stratégiques, et de toute façon personne n’a le pouvoir de s’intégrer dans la souveraineté turque ».

Ozdemir Eda

 

 

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