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Sous les jupes des députées chypriotes

Drôle de scandale en ce moment à Chypre Sud. Andreas Kyprianou, membre du parti chypriote conservateur DISY (Rassemblement démocrate) a récemment été pris dans un scandale alors qu’il essayait de photographier les dessous d’Irini Charalambidou, députée du parti d’opposition d’orientation communiste, l’AKEL (Parti progressiste des travailleurs).

Charalambidou

Irini Charalambidou, députée AKEL de la République de Chypre.

L’homme de 53 ans s’est défendu en prétendant que sa collègue, Irini Charalambidou, était assise dans une position qu’il jugeait trop « indécente ». Il s’est alors justifié en affirmant qu’il cherchait simplement à la menacer en la prenant en photo. La députée, âgée de 51 ans, aurait tenté d’intimider Kyprianou en le photographiant en train d’allumer une cigarette dans un lieu public, chose proprement interdite par la loi chypriote. Kyprianou l’aurait ensuite mise au défi de prendre la photo avant de glisser son propre appareil sous sa jupe.

Kipriyanu

Andreas Kyprianou, député DISY de la République de Chypre.

Une véritable guerre sur les réseaux sociaux s’en est alors suivie. Alors que sur ses comptes facebook et twitter, Charalambidou clame que « sa dignité et la dignité de toutes les femmes la poussait à signaler cet incident à la police », Kyprianou a lui rétorqué sur facebook, affirmant avoir été insulté et verbalement attaquée par la députée après lui avoir simplement demander d’effacer les photos de lui fumant une cigarette. Il a d’ailleurs porté plainte pour « comportement abusif, offensant, illégal et déplacé ».

Si Kyprianou a reconnu avoir commis une erreur en allumant une cigarette dans un lieu public, la députée a riposté en s’empressant de le dénoncer à la police pour « attentat à la pudeur » et non plus pour violation de la loi concernant l’interdiction de fumer. Charalambidou a ainsi voulu montrer l’exemple aux femmes qui auraient pu se retrouver dans une situation similaire, en les encourageant à dénoncer ce genre de comportements sexistes. Kyprianou a ensuite poursuivi en l’accusant de se cacher derrière son statut de femme pour pouvoir se défendre et enfreindre la loi.

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’Irini Charalambidou se retrouve dans un scandale de ce genre. Le mois dernier, elle avait été victime d’insultes sur facebook de la part d’un autre membre du DISY, Andreas Themistocleous, qui s’est défendu d’avoir écrit un tel commentaire. De plus, la relation déjà houleuse entre les deux partis n’a de cesse d’être animée par des propos offensifs depuis plusieurs années, d’un côté comme de l’autre.

Enfin l’incident a été remis au goût du jour par le président du parlement chypriote, Yiannakis Omirou, qui a alors décrit l’événement comme « une insulte au parlementarisme ». Selon lui, ces incidents n’auraient jamais dû être reportés à la police. Aucun des membres de l’AKEL ou du DISY ne s’est encore prononcé sur cet épisode.

Sophie de Tapia

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