Economie, International

South stream et Turkish Stream pourront-ils être sauvés ?

Des projets ayant pour ambition d’acheminer le pétrole, mais surtout le gaz, de la Mer noire à l’Europe en contournant des États tels la Biélorussie et l’Ukraine, seraient toujours d’actualité pour Moscou.

South-Stream

Au lendemain de l’abattage d’un avion militaire russe Sukhoi Su-24 par la Turquie à la frontière syrienne le 24 novembre dernier, les discussions relatives à ce projet énergétique avaient été suspendues par la Russie, s’ajoutant aux sanctions économiques et commerciales prises par Moscou envers Ankara.

Mais le blocage de ces projets trouve aussi son origine dans la crise ukrainienne. Fin 2014, l’Union européenne s’était en effet opposée à ce projet suite à l’annexion de la Crimée par la Russie dans le cadre des sanctions imposées à Moscou.

Le 17 décembre 2015, Vladimir Poutine s’était d’ailleurs exprimé à ce sujet en stipulant que la reprise du projet dépendait tout bonnement des garanties qu’Ankara réussirait à obtenir de la Commission européenne, rajoutant que l’avenir de South Stream ne dépendait non pas de la Russie, mais des « autres parties » au projet ; à savoir la Turquie et l’Union européenne.

Pourtant, malgré les tensions qui caractérisent depuis novembre 2015 les relations entre la Turquie et la Russie, le projet gazier et pétrolier turco-russe, dont la Turquie a désespérément besoin si elle veut devenir un hub énergétique, ne semble pas enterré.

Le 7 juin dernier, le président russe a stipulé que Moscou n’avait pas abandonné « définitivement » les projets énergétiques turco-russes : « Il y a certaines difficultés politiques avec la Turquie, c’est largement connu. Mais, nous n’avons pas, de façon irréversible, annulé ces projets [South Stream et Turkish Stream].»

En revanche, il a réitéré sa volonté de s’assurer d’obtenir des garanties européennes : « nous avons seulement besoin d’une position claire de la Commission européenne […] claire, compréhensible et sans équivoque. Jusqu’à présent, il n’en existe aucune. »

Ainsi, la Turquie pourrait profiter des négociations avec l’Union européenne au sujet de l’accord sur les migrants pour obtenir de telles garanties et s’assurer de la reprise du projet turco-russe. Tout dépendra de l’habileté des négociateurs turcs.

Finalement, il semble que l’abattage d’un avion et les tensions politiques et diplomatiques qui s’en sont suivies n’auront pas réussi à nuire définitivement aux relations énergétiques entre les deux États, les enjeux financiers et stratégiques étant trop importants pour l’un comme pour l’autre.

Camille Saulas

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